‘’Bien que les communards soient pauvres, la commune est riche! ’’

http://english.lasindias.com/

 

Ça nous tentait de parler de prospérité parce que même si on veut vivre simplement, on veut aussi vivre dans l’abondance. Nous envisageons un autre paradigme quant à la prospérité, qui serait plus en lien avec nos besoins intrinsèques qu’avec nos envies et besoins dictés par une économie capitaliste néo-libérale. Nous voulons avoir une vision plus large que celle qu’on nous impose trop souvent,  faisant de nous un-e consommateur-trice, rien de plus.

Personnellement, j’avais aussi envie de parler de prospérité mais de façon plus concrète ayant en tête de partir une entreprise (sous forme de coop par exemple) dans la commune que nous voulons créer. Je répondrai à certaines questions du genre: Pourquoi partir une entreprise dans une communauté intentionnelle?; Quels sont les avantages pour nous de le faire?; Quels sont les critères pour choisir une entreprise viable? Quels sont d’autres idées d’entreprises possibles? En espérant que ce texte vous inspire pour créer avec vos ami-e-s une économie alternative.

Partir une entreprise dans une commune

Premièrement, on pourrait se demander : Pourquoi se doter d’une entreprise dans une commune au lieu d’aller individuellement travailler à l’extérieur pour ‘gagner’ de l’argent?

Pour…

  • avoir plein de flexibilité-travailler lorsque ça nous tente

  • combler des besoins de la commune par les produits de l’entreprise

  • avoir un autre modèle de compagnie non-hiérarchique

  • être proche des gens que l’on aime pendant nos heures de travail

  • faire de l’argent sans avoir à:

    • à se déplacer à l’extérieur pour le faire

    • travailler pour un patron ou une compagnie capitaliste

    • s’alliéner

Avantages d’une commune sur le ‘marché’

  • Les communautés développent une expertise dans un secteur qui répond à leurs propres besoins. Et de ces besoins vient la possibilité d’apprendre et de comprendre rapidement l’application commerciale de leur ‘produit’

  • Les membres des communautés ont la plupart du temps des compétences sociales au-dessus de la moyenne et peuvent donc offrir un meilleur service-client.

  • Les membres sont content-e-s de travailler à temps partiel et d’avoir des heures flexibles.

  • Les communautés ont un terrain et ont des bâtiments qui peuvent être utilisés pour une entreprise plus facilement.

Critères pour une entreprise viable dans une commune

Récemment, je me suis intéressée aux entreprises existantes dans les communautés intentionnelles. Considérant le fait que les membres du Manoir veulent avoir une entreprise viable dans leur communauté, j’ai cogité sur les critères pour avoir une ‘bonne’ entreprise dans le contexte d’une commune.

Je me suis donc penchée sur la question depuis un certain temps et je suis arrivée à cette conclusion:

Les critères d’Audrey

1- Le travail peut se faire à l’intérieur et donc se faire en hiver

2- La majorité des tâches ne sont pas spécialisées

3- Les tâches sont plus douces que dures sur le corps

4- L’entreprise commence par des matières premières

 

Mon premier point est qu’une entreprise viable au Québec doit avoir une bonne partie de ses activités à l’intérieur pour pouvoir travailler à l’année longue. Quand arrive l’été, il y aura des légumes à s’occuper, des champignons à ramasser et du plaisir à avoir au lac ou à la mer.

Mon deuxième point, (mentionné par deux autres ami-e-s) est qu’une entreprise de commune a un grand roulement de ses membres travailleurs. De plus, les visiteurs, voisin-ne-s, woofers de tout genre pourront aider dans la compagnie si les tâches à apprendre ne sont pas trop difficiles. Toutes ces belles personnes pourront aider même si elles viennent pour une semaine ou un mois.

Mon troisième point est que même si certaines personnes adorent ‘travailler fort’ avec leur corps, il y aura toujours du travail physique à faire sur une communauté rurale. C’est donc un critère positif de se dire que l’on veut préserver une bonne condition physique et ne pas partir une entreprise qui demande beaucoup de piétinage sur la santé de ses membres. Dans le tableau qui suit, seulement trois entreprises ne contiennent pas ce critère et se sont toutes des entreprises liées à l’agriculture.

Dernièrement, j’ai pu apercevoir que plusieurs entreprises partaient de rien pour fabriquer quelque chose et je trouvais le concept intéressant. En fait, pratiquement toutes les entreprises du tableau répondent à ce critère. Ce qui veut peut-être dire que c’est un critère de réussite.En effet, la transformation de matières premières est créatrice de plus-value. En plus, pour les produits agricoles, elle peut stabiliser leurs états et permettre de les écouler sur une plus grande périodes de temps.

Pour plus de plaisir et d’expériences scientifiques, j’ai demandé à trois ami-e-s de me donner leurs critères pour évaluer une entreprise qui réussit dans une communauté intentionnelle. Voici leurs réponses:

 

Les critères d’Irena (Acorn):

5- L’entreprise comporte plusieurs sortes de travail (physique, intellectuel, routinier, etc.)

6- La majorité des tâches ne sont pas spécialisées (mon point 2)

7- Le travail peut être sauter, il n’y a pas beaucoup de travail obligatoire

8- L’entreprise va dans le sens de la vision de la communauté.

 

Le critère de Sky (Twin Oaks):

9- Offrir un produit que tout le monde a besoin mais avec une plus-value

 

Les critères de GPaul (Acorn) :

10- La majorité des tâches ne sont pas spécialisées (mon point 2)

11- L’entreprise va dans le sens de la vision de la communauté. (point 8 d’Irena)

 

Comme vous pourrez le constater, aucune personne, ni moi-même, n’a mentionné le critère de ‘faire de l’argent’. Je n’ai donc pas ce critère-là dans la liste. Néanmoins, pour les entreprises déjà en place, j’ai essayé d’avoir leur revenu brut (sans prendre en compte leurs dépenses) tout en sachant que toutes les entreprises mentionnées accumulent de l’argent grâce à leur compagnie (sauf celle d’Earthaven).

Analyse du tableau 1

Comme vous pouvez le constater aucune entreprise ne répond à tous les critères. Néanmoins, plusieurs entreprises sont quand même très près d’atteindre les 8 critères. Parmi celles qui ont 7 critères et plus, notons la shop de hammac de Twin Oaks, l`usine de beurre de noix d’Eastwind, l’entreprise de semences d’Acorn et Respecterre de la Cité Écologique.

Au niveau financier, l’usine de beurre de noix génère quand même 10 fois plus d’argent que la shop de hammac de TO! On peut donc constater qu’une entreprise peut répondre aux mêmes nombres de critères mais rapporte beaucoup plus d’argent qu’une autre! Malheureusement, je n’ai pas tous les chiffres d’affaires des compagnies, mais bon, ça nous donne une idée.

Après avoir analysé toutes ces entreprises et ces critères, j’ai décidé d’évaluer des entreprises potentielles pour une communauté selon les mêmes critères. Voici donc une liste (non exhaustive) d’une dizaine de compagnies possibles. La majorité sont proposées par mes ami-e-s membre de la FEC. Alors, roulement de tambour!

Analyse du tableau 2

Ce tableau m’a assez surprise par ses résultats. Je ne m’attendais pas du tout à ce que la fabrication de sandales avec des pneus puissent avoir un si haut résultat! Le meilleur score d’entre toutes les entreprises existantes et potentielles. Au contraire, je pensais que faire des index de livre aurait un score beaucoup plus élevé.

De plus, l’idée de légumes lacto-fermentés à été proposée par Irena d’Acorn. Elle disait que c’était probablement une de ses idées qui aurait le plus de potentiel. Ça m’a fait sourire puisque c’est l’idée que le Germoir a eu pour une de ses premières entreprises.

Bien d’autres idées peuvent être examinées avec l’aide de ces critères. Je vous invite donc à vous approprier le tableau et les critères pour mettre en place vos propres initiatives.

Les critères c’est ben beau, mais c’est pas tout…

On s’entend aussi pour dire que ce n’est pas parce qu’une idée d’entreprise répond à tous les critères qu’elle sera une entreprise satisfaisante pour la commune. D’autres éléments sont à considérer lors de la création de compagnies tel que l’expérience en gestion, la motivation des membres, la capacité à s’organiser de façon non-hiéarchique, la mise en valeur des capacités de tout le groupe, le respect de l’environnement,etc. De plus, d’autres éléments sont contextuels et dépendent d’où l’on est situé, le ‘’marché’’, la clientèle, l’absence ou la présence de d’autres entreprises semblables, etc.

En parlant d’entreprise, ça me fait penser à notre projet du manoir. Il y a un certain parallèle à faire entre partir une coop ou partir une commune. Certaines aptitudes sont demandées dans les deux cas telles que la motivation, l’importance d’ententes claires et écrites ou l’organisation par exemple. Pour nous, le projet principal est et restera le projet de communauté. Le rôle de l’entreprise ne sert qu’à soutenir ce projet. Nous voulons rester vigilant-e-s à ne pas perdre de vue ce fait et de ne pas miser toutes nos énergies dans une seule entreprise. Il faut aussi garder à l’oeil que si l’entreprise échoue, ce n’est pas si grave que ça et qu’il faut en faire le constat rapidement.

Pour finir, j’ai vu des résultats très positifs d’entreprises auto-gérées et fructueuses. Ce sont des modèles qui m’inspirent et qui m’incitent à vouloir nous doter de cet outil qu’est une entreprise de commune! En espérant que ça vous a inspiré vous aussi!

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