13 nov 2014

‘’Bien que les communards soient pauvres, la commune est riche! ’’

http://english.lasindias.com/

 

Ça nous tentait de parler de prospérité parce que même si on veut vivre simplement, on veut aussi vivre dans l’abondance. Nous envisageons un autre paradigme quant à la prospérité, qui serait plus en lien avec nos besoins intrinsèques qu’avec nos envies et besoins dictés par une économie capitaliste néo-libérale. Nous voulons avoir une vision plus large que celle qu’on nous impose trop souvent, faisant de nous un-e consommateur-trice, rien de plus.

À titre d’exemple, le mouvement de la décroissance représente bien notre envie de prospérité. Pierre Rhabi, dans un de ses nombreux livres, raconte un peu son histoire personnelle et sa quête dans la non-croissance. Sur sa ferme, il a un nombre x de moutons. Les gens qui le visitent lui demande souvent: mais pourquoi tu n’aurais pas quelques moutons de plus, tu pourrais faire plus d’argent et vivre mieux. Mais Pierre Rhabi est convaincu. À quoi ça sert d’avoir toujours plus si on est satisfait avec ce que l’on a? C’est quoi cette habitude à vouloir toujours plus? Et si la prospérité était plus que ce que nous possédons matériellement parlant?

Pourquoi la prospérité?

Créer de la prospérité peut simplifier la vie en communauté! En effet, avoir de l’argent pour s’assurer d’une autonomie financière, alimentaire et énergetique; pour améliorer les infrastructures, pour s’assurer un minimum de confort et pour libérer du temps pour faire de l’activisme au lieu d’<aller travailler> sont tous des éléments positifs qui apparaissent grâce à la prospérité!

La prospérité dans une communauté permet d’être autonome face au système capitaliste. Dans certains cas, la prospérité vient d’une entreprise (sous forme de coop par exemple) située dans la commune qui participe au système mais qui permet aux membres de la communauté de créer une autre sorte d’économie où:

  • grandir sans arrêt n’est pas le but principal

  • l’on vise une utilisation des ressources sans les exploiter

  • faire du profit pour son bien-être personnel n’est plus l’adage.

  • la hiérarchie des fonctions et des salaires n’a plus cours.

  • chacun-e peut participer avec leurs forces et intérêts

  • on contribue au dévelopement local, dans le quartier, village ou région

  • on privilégie les pratiques à long terme au lieu d’avoir une vision à court terme.

Dans le fond, nous remettons en question la vision dominante capitaliste de la prospérité, et nous luttons contre la croissance, l'exploitation, la domination, la hiérarchie, etc. Nous voulons la prospérité pour tous et non pas seulement pour une ’’élite’’ qui s’est hissé à la tête de la pyramide en abusant soit les travailleur-se-s  ou la nature. Est-ce qu’on peut dire qu’on est prospère si 80% de population mondiale crève de faim?

La prospérité peut, à priori, paraître rebutante pour bon nombre de personnes qu’on qualifierait de militant-e-s. Certes, derrière celle-ci, se cache une notion de croissance économique qui est bon de remettre en cause, mais si nous voulons que notre économie interne soit attractive, elle doit être florissante et capable de pourvoir, au minimum, aux besoins de base de ses membres et éventuellement au développement de la commune et à l’installation d’autres membres sur celle-ci. Même dans une perspective d’autosuffisance, une diversification des activités et de la production est, selon nous, essentielle. Sur une terre en friche, nous voudrons, par exemple, commencer par cultiver des patates, puis une variété de légumes, puis poser des clôtures sur les parties moins riches pour y établir des pâturages, puis construire une serre pour allonger la saison, puis fabriquer un four à pain pour la transformation de nos céréales, etc.

La prospérité ne repose pas simplement sur une bonne économie. Si celle-ci est trop demandante humainement, trop stressante, qu’on doit y donner trop de temps et sacrifier famille et amiEs et qu’on est en constante compétition sans jamais obtenir de reconnaissance, comme c’est souvent le cas actuellement, c’est un échec. La prospérité doit aussi nous permettre de faire grandir toutes les facettes qui nous composent, de nous procurer du bonheur, de générer des relations riches et égalitaires, etc. C’est donc dire qu’il faut créer un nouvel équilibre nous permettant de combler au maximum tous nos besoins.

Mais cette prospérité, cette ``heureuse situation``, d’où vient-elle? Le travail et les outils sont les deux facteurs qui peuvent nous amener ou nous maintenir dans cette situation favorable. Dans le cas du premier, il est limité au nombre de personnes qui contribuent au développement de la communauté et au nombre d’heures effectuées. Dans le second, à l’optimisation des outils et à une bonne prioritisation des acquisitions.

Le travail et la prospérité

Quand tout est à faire, le travail peut vite devenir un élément limitant, c’est pourquoi une organisation efficace est primordiale. Là-dessus, il n’y a pas de recette miracle. Certaines personnes qui n’ont pas encore développé un grand sens de l’initiative, ou qui fonctionne mieux dans un cadre bien établi préfèreront un système où tout leur est indiqué, où un horaire leur est donné à chaque semaine, où le temps de travail et de repos est bien circonscrit. Les autres individus, ceux qui sont imprégnés du don de soi, ceux qui sont toujours volontaires pour tout, ceux pour qui travailler est le plus beau des passe-temps (...les workaholic et autre dépendant affectif en quête de reconnaissance) pourront s’en sortir avec un horaire plus souple et prendrons peut-être beaucoup plus de responsabilités sur leurs épaules . Dans tous les cas, si quelque chose doit être accompli, la pression sociale peut amener tout un-e chacunE à se dépasser. Il faudra tout de même veiller à ce que chacun-e respecte ses limites et garde en tête que le but ultime est de vivre ensemble, que le social prime sur l’économique et qu’en décidant de vivre sur une commune nous sommes tou-te-s interdépendant-es.

Les outils et la prospérité

Dans le cas des outils, quelques règles peuvent aider à faire de bons choix. Il est important d’utiliser le capital de production (machines ou bâtiments) à son maximum avant d’investir dans d’autres projets, car l’argent sonnant peut être une denrée rare qu’il ne faut pas disperser aux quatres vents. Par exemple, si la commune possède une usine à bas de laine qui fonctionne du lundi au vendredi, on pourrait envisager de travailler la fin de semaine pour accroître la production avant d’investir dans de nouvelles bâtisses et machinerie qui entraînerait un endettement et une dépendance aux banques pour obtenir le même résultat. Ce choix peut tout de même engendrer une grande réorganisation du mode de vie et en affecter sa qualité.

Un autre élément à considérer se résume bien par l’adage ``faire mieux avant de faire plus``. Ainsi, prendre du temps pour restructurer les aires de travail, pour qu’elles soient plus ergonomiques, pour être plus efficace, augmentera certainement notre bien-être et tou-te-s se rueront pour faire ces tâches autrefois rebutantes. Ou encore, au jardin, nous pourrions essayer de semer certaines cultures plus densément avant d’ouvrir de nouvelles parcelles. Cette technique nécessite une plus grande expertise, mais sauvera beaucoup de temps de préparation de terrain, de sarclage, de déplacement, etc.

Opter pour des outils, ou des activités qui seront à la fois utiles pour la commune et pour ses entreprises est aussi une bonne idée. Les permaculteur-e-s vont même jusqu’à dire qu’il ne faut jamais intégrer rien de nouveau dans le système si ça ne répond pas à trois fonctions. Comme dans toutes les actions que nous entreprenons, la planification est essentielle. Avant d’acheter quoi que ce soit, s’asseoir tou-te-s ensemble et faire une liste des outils prioritaires est primordial. Ainsi, les équipements qui nous sauvent le plus de temps, qui nous épargnent les tâches harassantes, ou qui nous permettent de gagner l’argent qu’on a besoin seront priorisées. Mieux vaut passer beaucoup de temps à cette étape, car les bons outils peuvent faire la différence entre une communauté prospère et une gang de monde déprimé avec un mal de dos!

Dans le fond…

Après cette réflexion, le constat est que nous ne pouvons nous passer de la prospérité. Nous voulons ‘bien vivre’, même si notre mode de vie est en marge du courant dominant. Le capitalisme nous vend une idée de la prospérité qui n’est certainement pas celle que nous voullons adopter. Le matériel est indispensable pour nous assurer du confort, mais dans une perspective écologique, il faut savoir fixer des limites. Ce qui générera le plus de bien-être est notre proximité avec la nature et avec l’être humain (incluant nous-même). C’est pourquoi nous tâchons d’édifier un système alternatif créateur d’une autre richesse. Un système où les liens entre nous iront en s’accoissant et seront, espérons-le, les nouvelles assises de la prospérité. Pour que tout fonctionne bien, s’attarder à cette question avant l’établisssement de la commune est une bonne idée. S’entre-questionner sur notre rapport à l’argent et au capital pourra nous aider à fixer certaines balises et à établir les moyens à prendre pour atteindre cet état d’aisance.

 

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