Au début du mois de mars, en attendant qu'une place se libère à Twin Oaks pour pouvoir m'y installer en tant que membre, je suis allée faire un tour en Gaspésie. Un ami me parle alors d'un agriculteur, qui cherche à vendre sa ferme bio, rumeur confirmée par deux autres de mes ami-e-s. Quand j'ai entendu le prix pour lequel il la vendait, je me suis étouffée avec ma salade et me suis mise à rêver...

Quelques jours plus tard, j'ai rencontré ce fameux agriculteur par hasard chez un ami commun. J'ai pris rendez-vous avec lui et suis allée la ferme le surlendemain.

 

Voici pourquoi nous pensons que cette ferme était une opportunité et une occasion gagnante de commencer notre communauté:

  • Région remplie d’ami-e-s et d’allié-e-s. Possibilité d'y trouver du travail.

  • À moins de 3 km de la 132 et à moins de 10 km de Bonaventure. Assez proche d'un village avec une épicerie pour s'y rendre à vélo.

  • Terre de 50 acres comprenant champs bios, rivière, sablière, framboiseraie, aspergeraie et forêt mature.

  • Maison assez grande, fondation neuve. Elle est en bon état, et pouvait nous accueillir dès maintenant (3 chambres). Elle offrait également la possibilité d'ajouter facilement au moins 3-4 chambres supplémentaires.

  • Grange de grandeur moyenne, avec plein d’espace, des fondations solides.

  • Entreprise agricole déjà établie et rentable. Agriculture biologique. Beau levier, et en même temps, ce n'est pas une entreprise trop contraignante, comme le serait l'élevage d'animaux par exemple.

  • Équipement complet de l'entreprise. (tracteurs, outils, etc) pour faire de la     production de légumes bios. Une salle de conditionnement pour laver les légumes ainsi que deux nouveaux frigidaires pour les entreposer.

  • La vision du propriétaire : celui-ci a mis sur pied son entreprise dans le but d'aider la relève agricole et de promouvoir l'agriculture biologique. Il offre de nous donner un coup de main pour être certain que notre projet d’agriculture fonctionne, et demande un prix très accessible et raisonnable.

De notre côté...

Nous nous sommes dit : wow! On capote! Cette opportunité nous arrivait tout d'un coup, de manière inattendue, alors que nous avions planifié commencer nos recherches seulement en 2015...

Nous nous sommes posé plusieurs questions, pour évaluer si c'était vraiment une bonne affaire pour le projet du Manoir :

  • Est-ce que c'est une bonne place? Pourrions-nous regretter de s'être installé là un jour?
    Non, puisque la Baie-des-Chaleurs est l’une des 4 régions que nous avons identifiées comme intéressantes. La ferme est située à St-Siméon, à seulement 10km de Bonaventure où nous avons été présents depuis 3 ans. Elle est sur le rang 2, donc pas sur la 132 (ouf!), mais super accessible depuis le centre du village. Nous avons un bon réseau d'établi. Donc oui, c'est une bonne place!   

  • Est-ce que c'est un bon deal?
    Ben oui, mets-en! De nos jours, on peut difficilement imaginer pouvoir tomber sur une telle propriété à ce prix.

  • Est-ce que l'entreprise nous tente?
    Oui, on est prêt à mettre du temps là-dessus, et c'est un bon départ, car cette activité peut couvrir l'équivalent d'un salaire de 15 000$/année. Aussi, notre projet vise à inclure beaucoup de gens, ce qui représente une belle solution lors des « rush » de l'agriculture (désherbage, cueillette). En plus, c'est bio! Et en même temps, la culture existante permet une assez bonne flexibilité, et la structure dont nous hériterions ne risque pas de nous emprisonner et de limiter le développement de la communauté.

  • Et enfin, la grosse question : sommes-nous vraiment prêt-e-s? Maintenant?
    Ça, ça a demandé plus de réflexions. Quand même, nous avions tous les trois des projets pour l'année, et parfois des engagements au moins pour le printemps et le début de l'été, alors, comment faire pour déménager et reprendre une production agricole à seulement 2 mois d'avis? Nous étions tout de même d'accord que c'était une trop belle opportunité, et nous étions prêts à faire des compromis et d'organiser nos flûtes pour que ça marche.

Démarches

 

Quelques jours après ma première visite, nous avons visité la ferme du propriétaire en tant que délégation (d'ailleurs précédée de la chute d'une météorite dans la Baie-des-Chaleurs, ce qui provoqua une grande lumière et de fortes vibrations...). Arielle, son père, son frère et notre ami François du Germoir sont venus voir ce beau grand rêve, afin de confirmer une fois de plus la justesse de l'intuition : c'était vraiment une bonne affaire! Toutefois, le proprio ne voulait pas signer de promesse d’achat, ni recevoir de dépôt comme preuve de notre sérieux. Il souhaitait rencontrer les autres acheteurs potentiels d'abord, afin de voir les projets agricole de chacun : c'est vraiment ce qui importait pour lui dans son choix, à savoir qui prendrait la relève, et avec quel projet. Il nous a promis de nous contacter le 31 mars pour nous annoncer son choix.

Dans l’attente d’une réponse, j’ai commencé à lire sur la production de carottes,oignons et patates biologiques. Par hasard, il y avait une journée organisée par la table agro-alimentaire, pour en apprendre plus sur les subventions à la relève agricole. J'y suis bien entendu aller avec la gang du germoir.

Le lendemain, Arielle et moi avons écrit un document de 7 pages (!) pour lui expliquer la nature de notre projet de communauté intentionnelle et la place que prendrait le projet agricole dans celui-ci. Nous y avons inclus notre plan de financement ainsi que différents scénarios possibles pour la transition de l'entreprise dans le temps. Personnellement, j’étais fière de ce document bien écrit qui annonçait notre sérieux tant au niveau de nos objectifs, de notre démarche que de notre financement.

Puis, quelques jours avant la date limite que le propriétaire s’était fixé pour nous donner une réponse, j’ai rencontré le couple d'acheteurs potentiels en « concurrence » avec nous... Ceux-ci ont une ferme maraîchère biologique à St-Siméon et font des paniers ASC depuis plusieurs années. Ils m'ont confirmé qu’ils allaient acheter la ferme. Je ne peux pas dire que je n’étais pas déçue à ce moment-là de la tournure des évènements.

Le lendemain matin, le propriétaire m’a confirmé qu’il privilégierait la petite famille de St-Siméon puisqu’il les connaissait déjà. Il nous a mentionné qu’il nous contacterait s’il trouvait un autre terrain pour nous en 2015, et nous lui avons demandé de nous considérer comme les prochains acheteurs si jamais ça ne marchait pas avec ces derniers.

 

En conclusion

Ce fût donc la conclusion d’un rêve, qui dura le temps de deux excitantes semaines. Cela nous aura au moins appris ceci :

  1.  Nous sommes plus prêt-e-s que nous le pensions.

  2.  Nous nous entendons sur ce qu’est une bonne opportunité pour le Manoir

  3.  Nous n'aurons pas de problème pour acheter une terre ou se faire donner une terre en 2015 tel que prévu initialement

  4.  Nous avons des leviers financiers très intéressants.

  5.  Notre projet principal reste de créer une communauté intentionnelle, et nous n'envisageons pas la production agricole comme principale source de revenu. Nous sommes prêt-e-s à faire de la production biologique si cela se présente, et nous sommes prêt-e-s à saisir l'opportunité si elle se présente (surtout sous forme d'un projet clé-en-main comme celui-ci!)

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