* Cet article a été écrit dans le cadre de nos activités d'astrologie radicale, un calendrier que nous nous sommes inventé et où nous nous donnons l'objectif d'approfondir un aspect de notre vision, pendant 1 à 3 mois, pour le consolider et le pousser plus loin.

Qu’est-ce qu'un Safe Space pour le Manoir?

Pour nous, c’est d’abord un lieu anti-oppression. Il y a deux types ou niveaux d’oppression : l’oppression systémique et l’oppression individuelle.
L’oppression systémique est une dynamique de pouvoir dans laquelle toute oppression est occasionnée par la société et ses différentes structures sur l’individu ou un groupe plus petit d’individus. Il y a là une grande variété d’oppressions qui existent. Je ne suis pas en mesure de toutes les nommer, mais en voici quelques-unes : oppression sur la liberté et tout ce qu’elle englobe (les genres et les rôles, les orientations sexuelles, les choix de carrières, la liberté d’expression, etc), l’instauration des classes sociales (hiérarchie, injustice sociale, types de travail mal rémunérés, les femmes moins rémunérées et reconnues pour le même travail qu’un homme, etc) et plusieurs autres.

L’oppression individuelle est une oppression d’un individu envers un autre individu. Par exemple, un parent qui oblige son enfant à faire un métier qu’il ne veut pas, dire des commentaires racistes, homophobes, sexistes, capacitistes, désobligeants envers tous les aspects de la personne concernée, faire sentir à quelqu’un-e qu’ille n’est pas assez intelligent-e ou ‘cool’, etc. C’est aussi d’entretenir des échanges non égalitaires entre les deux personnes et ainsi nourrir un rapport de gagnant(e)-perdant(e). En d’autres mots, c’est une dynamique de pouvoir basée sur la hiérarchie dans laquelle la liberté de l’un-e est brimée pour les fins de l’autre.

Pour nous, au Manoir, il est important que notre communauté soit un Safe Space en regard à plusieurs facettes de ce qu’un individu peut intégrer dans sa vie. Ainsi, il est important pour nous que les visiteurs-euses et membres se sentent en sécurité quant à leur origines, leur(s) métier(s), leurs revenus financiers, leur orientation sexuelle, leur genre, leur âge, leur(s) handicap(s), leurs capacités, leur identification de genre, etc. Pour nous, c’est également un lieu où les dynamiques de pouvoir (autant à petite qu’à grande échelle) peuvent être discutées, ainsi que les modes de fonctionnement, peu importe lesquels, ouvertement. C’est un lieu où les privilèges sont également discutés et questionnés. Un lieu où les jugements caricaturaux et mainstream sont mis de côté.

Concernant l’oppression individuelle, on se demande comment nous pouvons aider les gens à trouver leur propre espace de sécurité et leur donner ainsi de l’assurance en eux-elles. Par exemple, une personne qui se rabaisse régulièrement, ou encore une personne qui se limite dans son choix d’orientation sexuelle à cause qu’elle craint de possibles jugements de la part de ses proches. Comment sensibiliser les gens à la bienveillance et à l’accueil de la différence de l’autre ? Qu’est-ce qui crée la soif ou la volonté d’entretenir un rapport d’hiérarchie non-égalitaire et le jugement ? Comment rencontrer les croyances et respecter les besoins de l’autre tout en respectant nos croyances et respecter nos besoins ?

Quels sont nos outils pour faire face à ces oppressions ?

Nous considérons que l’ouverture d’esprit, la création d’un espace de discussion et de partage, d’échange et d’écoute sur les oppressions, ainsi que l’établissement d’un micro laboratoire d’idées pour trouver des solutions sont les clefs de l’efficacité d’un Safe Space. J’ajouterais quelques autres outils qui enrichissent grandement le processus et ouvrent de plus grandes possibilités dans les rapports relationnels : l’empathie, la bienveillance et la pleine présence à l’autre qui permettent une connexion interpersonnelle plus riche. Il est aussi intéressant et apprécié lorsque que les personnes qui ne sont pas opprimées offrent leur vulnérabilité aux oppressé-e-s.

Et dans le souci de pouvoir devenir un espace de plus en plus sécuritaire, comment pouvons-nous offrir un meilleur Safe Space ? Nous croyons que d’avoir plus de diversité dans notre communauté pourra nous permettre de voir si on est vraiment un Safe Space dans la pratique. Car pour le moment, nous sommes 5 membres blanc-ches-s, entre 30 et 34 ans, Québécois-e-s, sans enfant, qui ont fait des études, qui parlent français et anglais. Nous désirons casser ce moule et partager notre vie quotidienne avec une plus grande variété de différences. Et la diversité attire la diversité !
Nous aimerions également inviter des gens qui sont conscient-e-s de leurs oppressions pour entamer et animer des discussions autour des différents types d’oppressions et des conséquences qu’elles engendrent. Cela aura pour but de nous conscientiser et sensibiliser davantage sur des dynamiques de pouvoir que pour le moment nous sommes ignorant-e-s, ainsi qu’à se positionner et trouver des solutions et des outils pour soutenir notre position.

 

Pour celles et ceux qui voudraient pousser la réflexion plus loin et mieux comprendre en quoi consiste "l'oppression", la discrimination systèmique ou ce que ça veut dire, avoir des "privilèges" dans un tel système, jetez un coup d'oeil à ce vidéo (en anglais) d'un vingtaine de minutes. Robin DiAngelo y parle de racisme, et la déconstruction des privilèges d'être blanc-he-s, en vulgarisant très bien!

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