Il y a quelques années, je sortais d’une belle relation amoureuse qui aura duré 3 ans. Nous avons continué de vivre ensemble pendant près d’un an et la transition de couple à ami s’est fait très doucement. Avec le recul je dirais que c’était une transition déjà amorcée depuis longtemps. Je réalisai que j’avais changé au courant de cette relation quand quelques femmes m’ont exprimé une envie de créer une intimité amoureuse avec moi et que je n’avais pas de désir pour cela. J’ai vécu de la confusion car il me semblait qu’avant cette relation, qui venait de finir, je cherchais à initier des relations amoureuses. Cela m’a déstabilisé de ne sentir aucune impulsion vers la monogamie alors que j’avais toujours perçu cela comme étant naturel et même un idéal de vie. Je me rendais compte que mon idéal de relation avait été fondé en conformité à mes références sur la monogamie, des références issues des relations qui m’entouraient, celles de mes parents, de mes ami-e-s et celles du cinéma et de la télévision.

 

À partir de ce moment, je me suis mis à me poser beaucoup de questions sur ma manière de vivre mes relations interpersonnelles amoureuses et sexuelles : Quelles étaient mes motivations, mes objectifs, mes réticences vis-à-vis l’état de couple. Je me suis questionné sur mon orientation sexuelle. Je me questionne toujours sur ce que représente réellement pour moi être en couple mais ça, c’est un sujet pour un article futur. Au final, cela aura pris quelques années avant que je passe des questionnements aux recherches. Ces recherches m’ont mené principalement vers deux communautés, les aromantiques et les polyamoureux. Les moments que j’aurai passé à discuter dans ces cercles m’ont mis en contact avec diverses autres sphères dont je parlerai aussi un peu plus en détail dans la carte mentale interactive créée avec l’outil MindRespect que j’ai insérée plus loin. Je considère que d’avoir été en contact avec les gens faisant parti de ces cercles m’a beaucoup aidé à me comprendre et à voir les alternatives possibles à mes habitudes relationnelles ancrées dans la culture. J’ai eu le plaisir de mettre des mots sur ce que je ressentais sans pour autant être contraint de me mettre dans une nouvelle boîte. Au final, j’ai le sentiment qu’il y a bien des questions que je n’aurais pas eu à me poser si j’avais déjà été en contact avec ces gens et avec les concepts qu’illes m’ont aidé à découvrir.

 

C’est donc avant tout avec l’espoir que l’information que je présente sera utile dans le cheminement de certain.es que j’écris ce texte. Parce que je crois que l'accessibilité et l'évolution d'une vision plus large, moins polarisée, a le potentiel de faciliter les périodes de questionnements existentiels. C’est aussi par besoin de partage que je vous ai fait part de mes expériences et que j’élabore une théorie des spectres de l’attirance dans cet article. Pour vous permettre de voir une réalité qu’on ne voit que par chance ou si l’on cherche vraiment. Parce que je crois que de posséder une meilleure connaissance d'un vocabulaire capable d'exprimer la diversité reliée à l'expérience humaine augmente notre ouverture et notre compréhension envers nos différences avec autrui.

 

Le concept de spectre des attirances repose sur le principe que les émotions, les désirs et les besoins qui régissent nos relations interpersonnelles sont vécus dans un continuum de subtilités, un peu à l'image du spectre électromagnétique et de l'infinité de longueur d'ondes possibles qui le constitue. À l'inverse de ce modèle, notre culture a tendance à rendre binaire les comportements et donc à créer une polarisation entre deux solitudes, ce qui laisse rarement de nouvelles réalités s’implanter, sans résistance, dans la conscience collective. À titre d’exemple nous pouvons prendre le cas de l’orientation sexuelle, une des composantes qui construit l’attirance sexuelle. Des gens, pansexuels voient souvent leur orientation sexuelle incomprise alors que leur interlocuteur-trice tente de raisonner cette orientation comme étant une confusion entre le fait d’être purement hétérosexuel ou homosexuel démontrant par le fait même la difficulté qu’il peut y avoir à intégrer dans l’esprit collectif des concepts différents sur l’identité sexuelle. Le modèle propose de modifier notre conceptualisation de ces termes en les plaçant sur un même spectre, plutôt que de les mettre en opposition absolue. Il existe donc un infini d'orientations sexuelles à intensités variées entre et possiblement au-delà de ces trois réalités. L’attirance sexuelle comme les autres attirances n’est pas régie par une seule composante, ici l’orientation sexuelle. C’est dire que le spectre qui décrit l’intensité avec laquelle nous vivons les différentes attirances est lui même composé d’une multitude de spectres.

 

Six types d'attirances ont nourri ma réflexion lors de mes recherches personnelles : l'attirance intellectuelle, esthétique, sexuelle, amoureuse, émotionnelle et sensuelle. Je ne prétends pas que ce sont les seules attirances possibles. Aussi, prenez note que l’élaboration plus détaillée des concepts de l’attirance sexuelle et amoureuse est le résultat d’une documentation plus abondante et ne doit pas être assimilée à une complexité moins grande des autres attirances.

 

L’outil interactif ici-bas vous permettra de prendre connaissance des différents termes qui leurs sont associés ainsi que de leurs définitions. Pour lire une définition il suffit de cliquer sur les icônes de livre.

 

La compréhension des différences entre l'une et l'autre de ces attirances permet de mieux identifier laquelle est à l'œuvre dans nos relations. Chacune de ces attirances se décrivent par des spectres leur étant propre et conséquemment elles sont représentées visuellement comme indépendantes les unes des autres. L'attirance esthétique est conceptuellement indépendante de l'attirance émotionnelle ou de l'attirance intellectuelle par exemple. Par contre chacune de ces attirances s'alimentent mutuellement pour créer le spectre de notre expérience interpersonnelle.

 

Un exemple de l’interrelation entre différents types d’attirances pourrait être le suivant : une personne ressent une attirance intellectuelle et sensuelle forte pour une personne mais aucune attirance amoureuse. Cependant, cette même personne peut avoir avoir besoin de la présence des attirances intellectuelle et sensuelle pour que s’installe une attirance amoureuse. C’est-à-dire que la personne dans l’exemple ressent réellement une attirance intellectuelle qui est nourrit par cette relation. De même, l’attirance sensuelle est nourrie. Cependant, dans ce cas précis, l’attirance amoureuse de cette personne ne s’exprime pas de manière à créer un désir amoureux et cela, malgré que pour que ce développe le désir amoureux chez cette personne, la présence d’attirance intellectuelle et sensuelle soit généralement nécessaire.

 

Nos attirances doivent donc être vues comme étant des entités indépendantes car elles sont capables d’exister d’elles-même et cela, même si elles peuvent également mais pas nécessairement être inter-reliées et influencer les autres attirances. On doit comprendre aussi que les composantes de ces attirances peuvent toutes changer dans le temps, en fonction des personnes concernées ou de l’évolution de notre perception.

 

Plus important que tout, Il ne faut pas perdre de vue que les définitions que j’ai données ne sont que des points sur un spectre et qu’un infini de zones grises (ou fushia pour leur donner une teinte plus joyeuse) existent autour et entres les différents concepts. Il faut désormais baser notre compréhension des relations interpersonnelles dans la communication et non via une classification conceptuelle rigide. Les définitions que vous venez de voir ne sont que des outils pour vous ouvrir l’esprit à des différences bien réelles mais aussi, pour élargir le champs de possibilité à ceux et celles qui désirent exprimer plus en profondeur ce qu’illes ressentent.

 

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