29 sep 2016
1

Le 7 septembre 2016, le Manoir fêtait sa première année d’existence formelle, avec une bande de joyeux lurons sur la plage de Bonaventure.

Un an, c’est un tout petit “peut” sur une vie. Mais quand on tient compte de tous les projets qui sont rêvés et qui ne voient pas le jour, et de tous ceux qui ne parviennent pas à dépasser les embuches, la démonstration de ce possible est porteuse d’espoir.

Fêter la fondation de notre communauté intentionnelle, c’est donc bien sûr l’occasion de célébrer. C’est également une étape d'introspection, l’espace pour se demander: quel est le chemin parcouru? Quelles sont les traces laissées par notre travail et nos démarches pendant les 12 derniers mois? Qu’y a-t-il à retirer de ce chapitre qui nous aidera à écrire notre histoire? Évidemment, on aurait pu vous relater les différentes activités qui nourrissent notre quotidien, les éléments caractéristiques qui rythment telle ou telle saison. On pense toutefois que l’on vous présente ces bribes de vie collective au fil des infolettres, à travers des articles où l’on vous partage nos fiertés et nos défis. On a voulu, pour le présent article, aller toucher à ces petits quelques choses qui nous ont accompagnés tout au long de l’année, de manière continue, qui ont évolué et se sont transformés, et dont le développement aurait été masqué par une rétrospective sectionnée à la manière d’un Bye Bye...

Consolidation de notre culture et de notre structure

La première chose qui nous vient à l’esprit quand on pense à ce qui a grandi et s’est consolidé durant la première année d’existence du Manoir, c’est la culture et la structure du groupe. Nous avons misé depuis le début du projet sur la clarté et la communication. Un an plus tard, nous avons une liste d’outils que nous nous sommes appropriés, que nous avons construit ensemble, et qui risquent de nous suivre longtemps.

La clarté de la vision d’abord, qui a su être rassembleuse et qui contribue à nourrir la motivation pour le projet de chacun-e d’entre nous. Ça semble anodin, mais c’est la pierre #1 de notre fondation.

Ensuite, la place centrale que nous donnons à l’élaboration d’une culture de consensus, et qui s’incarne dans le temps que nous nous donnons pour jaser. De un jour et demi à deux jours de réunion par semaine! Ça peut sembler incroyable, mais nous avançons énormément dans nos démarches communes, et nous avons l’espace pour discuter de toutes les tensions qui peuvent émerger, ce qui évite tellement de conflit et qui rend notre travail tellement plus efficace!

Pour nous aider à travailler mieux, nous avons une boîte à outils bien garnie. Sur nos murs, vous pouvez voir les différents tableaux qui nous aident à nous orgnaniser et à planifier: tableau des priorités, liste des tâches et responsabilités, astrologie radicale (à chaque mois, on se donne un défi pour pousser notre vision plus loin dans le concret), ordre du jour, ligne du temps.

Nous avons aussi des méthodes qui nous aident à travailler vers un consensus: la méthode des 6 chapeaux, par exemple, ou celle que nous avons affectueusement appelé MIAO (menaces, inconvénients, avantages, opportunités).

Toutes ces rencontres assidues et cet ouvrage vaillant ont mené à l’élaboration des premiers éléments de notre charte: intégration des nouveaux membres, comment régler un comportement problématique, expulsion d’un-e membre, notre mode de prise de décision, nos ententes de partage de revenu. Et sous peu, nous vous parlerons d’un autre document qui nous est bien utile au quotidien et qui n’implique pas la vie en communauté pour être mis en place: notre guide d’achat!

Enfin, nous avons des outils de communication pour favoriser et faciliter le dialogue, et l’évacuation des tensions. Sur toute l’année, nous nous sommes formés en CNV (communication non-violente). Nous avons intégré plusieurs des outils que nous y avons découvert, comme les étapes d’auto-connexion (pensées, sentiments, besoins, demande).

Nous avons également emprunté à Acorn leur processus de “clearness”, que nous avons librement francisé sous le terme de “lampadaire”: c’est le moment où un membre rencontre chacun-e des autres membres pour voir comment ça se passe, leur relation. Le lampadaire est une étape du processus d’intégration des nouveaux-elles membres, et chaque membre régulier-ère doit ensuite utiliser cet outil d’hygiène relationnelle une fois par année.

 

Ainsi, la façon dont on communique, dont on prend nos décisions, dont on organise notre quotidien (les repas, l’épicerie, nos transports, etc.), la vision partagée et les ententes que nous construisons pour la concrétiser, tout cela participe à la consolidation de notre culture et de notre structure, et c’est quelque chose qui est en développement, et dont on peut suivre les traces à travers les documents que l’on crée ou la dynamique que l’on vit.

Se tricoter une communauté

D’autres jalons sont posés, peut-être moins tangibles (quoique souvent touchants), ce sont les liens qui se sont tissés dans la dernière année.

Les liens entre nous, qui partageons des rêves, des projets, un espace de vie et notre quotidien. Nous apprenons à nous connaître les un-e-s les autres, à savoir compter sur nos forces respectives et se soutenir et se compléter dans nos faiblesses. Pas toujours facile, des petits irritants tendent parfois ces liens sur une corde raide. Mais on prend le temps et l’espace de se masser les un-e-s les autres, d’aplanir les ‘tites bosses, et même si on aime gravir des montagnes, on s’arrange pour pas s’en faire avec rien. On fête, on joue, de la musique et de la société, on fait de l’esprit de biscuit chinois, on va nager, récolter la forêt, camper, on chante la révolution!

Les liens avec la communauté élargie qui nous entoure. Nos ami-e-s proches, avec qui nous échangeons plus fréquemment des services, des légumes, des câlins, avec qui nous partageons des moments étonnants. Des personnes que nous rencontrons à travers nos démarches, des porteurs-euses de projets dans divers organismes qui nous soutiennent dans le démarrage d’entreprises, des agriculteurs du coin avec qui nous échangeons du temps, des conseils, ou de qui nous achetons des outils, des voisins qu’on inspire à démarrer des jardins ou à faire des conserves, des groupes et mouvements sociaux et politiques dans lesquels on s’implique et avec lesquels nous luttons pour préserver l’équilibre. On nous connaît et on nous reconnaît de plus en plus, les gens s’habituent à nous voir débarquer en équipe, nous offre leur support et leur soutien, font appel à notre énergie pour nourrir des projets structurants dans notre village, notre région.

Les liens que nous développons avec le milieu naturel gaspésien nous enracinent tranquillement. Connaître les plus beaux accès à la rivière, les marées qui amènent les courants chauds ou les caplans, marcher à l’affût des champignons qui se mangent (ou pas!), s’adapter au climat qui offre des défis agricoles spécifiques à une saison courte mais chaude, reconnaître les arbres et les oiseaux qui nous entourent, les vents qui soufflent, les journées qui s’allongent et se raccourcissent. Avoir notre sentier préféré dans la forêt derrière chez nous, nos repères. Voilà des liens intangibles, mais vibrants.

Enfin, cette première année d’existence a été l’occasion de créer de nombreux liens dans le milieu des communautés intentionnelles, tant au Québec (entre autres grâce au Forum Social Mondial), qu’auprès de communautés à partage de revenu ailleurs dans le monde. Nous sommes maintenant une communauté en dialogue de la FEC, la fédération des communautés égalitaires, qui ne comprenait jusqu’à maintenant que des communautés états-uniennes. Nous avons créé un contact durable avec Las Indias, une communauté cyber-punk nomade installée en Espagne pour l’instant: nous avons fait la traduction française de leur manifeste communard (un autre article à venir!). Nous avons participé à la cueillette des savoirs organisée par le collectif le Récif, à l’Auberge de la Grève à Trois-Pistoles pendant tout le mois de juillet, et cherchons à échanger biens et services avec elleux. C’est vraiment enthousiasmant et stimulant de sentir que nous faisons partie d’un vaste mouvement, et valorisant de penser que nous contribuons à consolider des outils et une culture qui viendra soutenir le développement et le maintien d’initiatives de vie collective.

Une première année sous le signe du dynamisme et de l’effervescence

Durant notre première année, nous serons passé de 3 membres en septembre 2015, à 6 aujourd’hui.

Cette première année nous a permis de démontrer notre sérieux et notre capacité à réaliser, à rendre concrète notre vision. D'abord, on croyait nous-mêmes en nous. Puis, les gens qui se sont joint durant l'année on cru en nous, de l'intérieur. Maintenant, les gens autour croient en nous "de loin", autrement dit, on les inspire et illes admirent ce qu'on crée, mais "ne vivraient pas comme ça". De temps en temps, on se demande quelle sera la suite: un jour peut-être, que les gens qui croient en nous vont se dire"hey, je pourrais vivre comme ça moi aussi’’. En fait, certaines personnes m’ont déjà révélées que notre mode de vie les avait inspirées et qu’elles avaient changé certains comportements pour adopter certaines de nos pratiques. Par exemple, une amie a commencé à se déplacer plus souvent en vélo, d’autres veulent commencer à vivre dans des communautés intentionnelles. Comme quoi on est pas les seul-es à être inspirés!

 

Alors, qu’est-ce que ça prend pour durer un an?

Eh bien, je dirais que nous n’avons pas seulement “toffé” un an. Les gens qui nous rendent visite ou avec qui nous travaillons nous donnent un feedback positif. Plein de projets nous attendent pour l’année qui s’en vient: nous achetons une terre, nous déménageons, nous démarrons une entreprise, et des milliers de petits défis nous attendent. Nous ne sommes pas en survie, nous sommes en pleine expansion!

 

Joignez-vous à nous pour célébrer notre ANCRAGE
dans notre nouvelle demeure, les 14-15-16 octobre!

                                                     

En 2015, c’était l’austérité, ben je dirais que ça pas changé tant que ça…

En 2015, la cimenterie commençait à pointer son nez, là, elle est grosse, imposante, sale et bouffeuse des fonds publics.

En 2015, c’était Philippe Couillard au pouvoir pis Justin Trudeau, pis fuck, on se demande cette année encore pourquoi la révolution n’a pas encore eu lieu.

Et puis? Qu’est-ce que l’avenir vous réserve pour la prochaine année? ;-)

Mots-clés: 

1 comment (+add yours?)

par David de Ugarte on mer, 10/05/2016 - 13:37

Avec un peu de de délai (nous étions dans notre propre anniversaire)... Enhorabuena Frères!!

Publier un nouveau commentaire

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <blockquote> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
CAPTCHA
Cette question est posée pour tester si vous êtes ou non un humain et pour prévenir l'invasion des robots!