04 sep 2016

Ceci est une traduction libre de la conférence que GPaul a donné en 2014 sur un voyage qu’il a fait dans 6 communautés intentionnelles d’Europe, à la recherche de différents modèles qui utilisent le consensus et sont à partage de revenus.

Cet article s'inscrit dans le dossier "Income Sharing Across the Pond". Vous pouvez lire les articles déjà parus

Fichier audio de la présentation de Lossehof et gAstewerke(version originale en anglais, 7:33 min)


Lossehof (http://www.lossehof.de/, que l'on voit en photo de couverture) existe depuis 2 ans, et compte 17 ou 18 membres et7 enfants. Elle est située à 15 minutes en vélo de la communauté de Niederkaufungen qui est en bas de la côte, Lossehof ayant été démarrée par un groupe de membres issu-e-s de Niederkaufungen. La relation qui unie les deux communautés est très similaire à celle qui existe entre Acorn et Twin Oaks. Pour Gpaul, c'était comme faire un retour dans le temps de 19 ans et voir Acorn à l'époque… à part le fait que tout le monde parlait allemand!

Quant à gAstwerke (http://www.gastwerke.de/), c’est une communauté rurale basée sur l'agriculture et située dans un autre village. gAstwerke a été démarrée par Villa Lokomuna, le même réseau de communautés dont font partie les deux autres.

Lossehof et gAstewerke sont deux communautés rurales.

L’économie interne et le travail

Les deux communautés ont une économie inspirée de Niederkaufungen : la régulation relaxe du travail, la boîte d'argent, l'absence de distinction entre le travail valorisé par la communauté ou le travail personnel mais simplement basé sur ce qui est une charge de travail viable pour toi et ce que tu considères comme ta part équitable pour la communauté, etc. Or, Gpaul a trouvé les deux communautés en conflit intense sur :   

  • ce qui est une charge de travail raisonnable,    

  • qu'est-ce qui est considéré comme du travail valorisé par la communauté,

  • et comment une personne devrait choisir ce qu'elle fait de son temps

… tous des problèmes qui n'affectent pas Niederkaufungen.

Les deux premiers points concernent surtout gAstwerke, alors que le troisième a surtout lieu à Lossehof. Ce dernier oppose les anarchistes collectivistes aux anarchistes individualistes, ces derniers affirmant affirment que chacun-e devrait faire ce qu'ille a envie de faire, alors que les autres disent qu'il y a des choses chiantes qui demandent à être faites et on doit trouver qui va la faire. Il y a des gens qui travaillent de 7h du matin à 23h le soir, s'arrêtant à peine pour manger, alors que d'autres se lève à 10h-11h, prennent un long déjeuner, font du yoga, dînent, travaillent pour une heure ou deux, prennent une collation… et le groupe a de la difficulté à résoudre cette sorte d'inégalité, ce déséquilibre. Une autre personne parlait d'un membre qui a emménagé il y a 4 ans (sur les 5 années d’existence de la communauté) dans son autobus. La personne a gardé la propriété du bus, et a commencé à passer tout son temps, et tout l'argent de la communauté à rénover le bus! Les membres ne savent pas trop comment aborder le problème, de ce qui est du travail pour la communauté ou du travail personnel, cette sorte de distinction qui existe… Le groupe a également une compréhension perverse de la communication non-violente qui les empêche d'avoir des désaccords, ce qui est horrible!

Culture

Gpaul a entendu ces témoignages, et est retourné à Niederkaufungen où il résidait, et en a parlé aux gens là-bas, et c'est là qu'il lui est apparu que, malgré que la communauté de Niederkaufungen affirme avoir un système de gestion du travail, des espaces de travail, du travail reconnu comme « communautaire », celle-ci a déjà eu une économie presqu'identique à Twin Oaks : ils ont déjà eu des quotats de travail, une distinction entre le travail « communautaire » ou personnel, mais illes s'en sont débarrassé il y a une dizaine d'années, suffisamment longtemps pour que les gens oublient qu'illes ont déjà fonctionné comme ça. Mais tu peux quand même l'observer, puisqu'illes continuent de faire une certaine quantité de travail chaque semaine en moyenne, et que si tu leur demande, il y a certains types de travail qui sont considérés comme ayant une valeur communautaire et d'autres qui ne le sont pas (par exemple, réparer des vélos n'est pas « communautaire », c'est du travail personnel). Mais illes n'en parlent pas comme tel, illes n'y pensent pas comme tel. Ce que Gpaul en a compris, c'est que la communauté a utilisé ce système de travail pour établir une culture du travail, et, une fois établie, illes ont pu enlever l’échafaudage, et la culture s'est simplement perpétuée.

Dans ces communautés, les dettes personnelles sont mises en commun. Dans les communes du FEC, où beaucoup de gens vont et viennent, et restent moins d'un an, ce qui amenait la réflexion à GPaul : « Wô, c'est magique, t'arrives, tes dettes sont transférées instantanément à la communauté… est-ce que ça arrive que beaucoup font simplement partir juste après? ». Personne ne reste pour moins de 5 ans dans la communauté de Niederkaufungen, et illes ont également un taux de rotation très bas (2 à 5 personnes par année). Le séjour moyen est de 7 ans, ce qui est la moyenne à Twin Oaks.

Cette rotation très faible permet aux nouveaux membres de s'acculturer et de perpétuer le système. Or, les deux communautés de Lossehof et gAstwerke ont démarré sans la structure initiale de Niederkaufungen, et ce qu'illes constatent, c'est un désaccord intense des nouvelles personnes à propos de ce que signifie travailler dans une communauté égalitaire ayant un système anarchiste flexible. Gpaul l'a remarqué avec acuité parce que, lorsqu'il a déménagé à Acorn, la communauté venait de redémarrer (voir article sur le cas d'Acorn…) après un crash et une remontée, et en fait, il y a eu un mouvement similaire crash-remontée alors qu'il y était. Et avec un apport énorme de nouveaux-elles membres, il y avait ce même problème, ces mêmes conflits qu'à gAswerke autour de la question du travail, alors que la culture n'est pas vraiment bien établie.

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