15 mai 2016

Auto-suffisance

http://www.energy-cities.eu/Villes-resilientes-2-Bristol

Dernièrement, nous nous sommes demandé à quel pourcentage nous étions auto-suffisant et comment nous devions définir cette auto-suffisance. En abordant la question, on s'est rendu compte qu'on était devant une friche très dense et que la réponse était vaste et donc, que c'était parfait pour faire un article! Il faut garder en tête que l'auto-suffisance est une des pierres d'assises de notre vision.

 

 

Que veut-on atteindre comme auto-suffisance? Une auto-suffisance financière seulement? Veut-on être assez bien organisé pour que tous et toutes puissent travailler au sein du manoir et que leur travail nous rapporte assez d'argent pour combler nos besoins? Je crois que de dégager nos propres revenus est intéressant. Ça permet de nous émanciper du salariat, notamment. (voir les articles La prospérité (partie 1): le travail, La prospérité (partie 2): Démarrer une entreprise, et Au-delà de l’entreprise)En plus, on devrait avoir besoin d'argent encore longtemps, car avant qu'on soit assez structuré pour tout faire, bien de l'eau aura coulé sous les ponts. Par contre, en mettant toute notre énergie dans cette approche nous resterons dépendant de l'argent pour combler tous nos besoins. Nous continuerons d'assurer notre subsistance grâce à cet outil qui est un rouage primordial du système malsain dans lequel nous vivons. Cela est moins intéressant.

Au niveau financier, il y a aussi l’endettement. Nous voulons l’éviter autant que possible et être nos propres créanciers, mais l’éviter totalement pourrait retarder grandement l’essor de notre communauté. En effet, la dette, si elle est bien utilisée, peut être un levier important qui pourrait nous servir à acquérir notre capital de production, entre autres. Le problème est que les banques, qui supportent des industries nocives et une économie dévastatrice, s’enrichissent sur nos dettes. Pour avoir une certaine autonomie sur ce point, il existe encore le financement solidaire. Il est long à mettre en place et peut être fastidieux à gérer, mais au moins, ceux qui nous prêtent, nous connaissent et nous supporte. En espérant qu’un jour nous pourrons nous constituer une réserve assez grande pour nous financer nous-mêmes.

 

L'auto-suffisance alimentaire quant à elle comble un besoin de base; celui de manger et peut-être même de rester en santé. Pour dire qu'on est auto-suffisant en nourriture, faut-il produire toute notre nourriture? En ce moment, nous échangeons notre temps, sous forme de corvées dans une ambiance décontractée, contre des légumes bio et locaux à profusion. Est-ce qu'on peut compter ces légumes dans notre équation d'auto-suffisance? Je cois que oui. Par contre, je crois qu'à terme, il serait intéressant de combler la majeure partie de nos calories par nos propres cultures, et d'aller chercher seulement les petits extras, que nous ne produisons pas, par du travail bénévole. Comme ça, nous ne serons pas dépendants des cultures des autres. Si leur récolte sont maigres, nous n'écoperons pas.

 

L'indépendance énergétique, c'est important voir même primordial; l'énergie c'est le nerf de la guerre. Jusqu'à présent, nous orientons la plupart de nos pensés concernant ce sujet sur l'affranchissement du pétrole. Je crois que nous convenons tous que cette énergie est émancipatrice tant et aussi longtemps qu’elle reste bon marché. Elle peut aider à réaliser d'autres types d'auto-suffisance. On peut produire de la nourriture avec un tracteur, par exemple. Dépenser du pétrole d'un côté, peut nous aider à économiser du pétrole de l'autre. La nourriture produite ici avec un tracteur, ne sera pas produite en Californie et importée de là-bas. Ce que je propose, c'est que chaque fois qu'on achèterait un outil qui consomme des énergies fossiles, il faudrait créer un plan de transition pour remplacer cet outil. Ainsi, à l'achat du tracteur, on aurait déjà pensé à comment le remplacer; les chevaux, le convertir à l'électricité ou l'huile à patate, etc.

 

Parfois, j’ai des idées de grandeur. J’ai envie d’avoir la meilleure technologie pour effectuer une tâche sur notre future ferme. Cela comporte plusieurs avantages. Souvent, elles sont conçues par des ingénieurs et très bien pensées dans leur efficience, elles sont prêtes à l’utilisation au moment de l’achat, elles sont éprouvées et nous pouvons consulter ami-e-s, forum et groupe d’échange spécialisé pour connaître leur avis et leur expérience par rapport aux différents produits. Par contre, ce sont souvent des technologies dispendieuses et gourmandes en ressources non-renouvelables (métal, pétrole, plastique, etc). De plus, en achetant du tout fait, nous condamnons une certaine indépendance ou autonomie technique. À l’inverse, nous connaîtrions tous les rouages d’un appareil que nous aurions conçu de A à Z et nous saurions comment le réparer, ou trouver les pièces, ses forces et ses faiblesses, etc. Nous aurons développé notre propre expertise, nos compétences et probablement notre fierté. Ce n’est pas le cas d’une machine conçue par un autre et surtout pas si elle l’est par une grosse compagnie. Souvent, elle s’arrangera pour être la seule capable de fournir des pièces de rechange et rendra la machine tellement complexe en ajoutant des systèmes électroniques qu’il faudra être spécialiste pour s’en occuper. Elle intégrera parfois des vices dans sa conception pour s’assurer que la machine brise et qu’on en rachète une autre. En plus, ses machines sont souvent fabriqué dans des contextes d’exploitation de l’humain. J’imagine que dans tous les cas, il n’y a pas de réponses magiques et que chaque achat devra venir avec son lot de réflexions.

 

J’apporte beaucoup de questions et peu de réponses. C’est qu’il est difficile de tout trancher, rien n’est noir ou blanc. Nous avons plusieurs valeurs qui nous guident dans nos choix, mais certaines peuvent parfois être en contradiction. Autonomie et liberté peuvent parfois être en contradiction avec autosuffisance alimentaire, si nous avons des animaux qui nous gardent à la maison 365 jours par année. Lorsque nous devrons les abattent, c’est sur la non-violence qui faudra peut-être fermer les yeux. Et si nous attendons d’eux un bon rendement en oeufs ou en lait pour rémunérer notre travail, est-ce qu’on parle d’exploitation? Toutes ces questions sont autant de décisions que nous devons prendre, mais au moins si nous nous questionnons, nous aurons au moins la conscience celles-ci.

1 comment (+add yours?)

par David de Ugarte on lun, 05/16/2016 - 06:55

Nous n'avons jamais eu  des prêts. Les bancs ne nous ont pas voulus et nous n'avons pas voulu aux bancs et ils nous ont non plus voulus à nous comme des clients (bien que oui comme des fournisseurs), mais surtout ne leur précisons pas, bien que il parfois fût difficile. La question est que pour te financer tu précises avoir ta propre base d'épargne. Et pour cela y a que réussir vendre des choses dans le marché avec suffisante valeur comme pour le permettre. C'est-à-dire,  le chemin à l'indépendance financière est beaucoup plus court par la voie de  vendre services technologiques  que par la via paysane.

Mais si celui-là est le premier pas la seconde est diversifier les activités et la source de revenu. Par qu'est-ce que? En premier lieu pour que chacun puisse se développer et apprendre en des divers champs. Deuxièmement pour enrichir la conversation qui naît du produire ensemble. Et comme communauté pour gagner résistance... Et si il y a une crise, resilience.

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