11 mai 2016

fec_logo.pngFédération des communautés égalitaires (FEC)

La FEC a été fondée en 1976 et regroupe présentement 7 communautés membres qui se définissent par les mêmes principes de base. Ceux-ci sont:

  1. La propriété commune de la terre, du travail et des ressources;
  2. La responsabilité de la communauté de pourvoir aux besoins de ses membres;
  3. La pratique de la non-violence;
  4. La pratique de la démocratie (cela peut prendre diverses formes);
  5. Le travail actif pour une égalité de fait entre les personnes et contre la discrimination;
  6. La conservation des ressources naturelles;
  7. La création d’espaces et de pratiques de communication dans le groupe et de soutien au développement de chaque personne dans son individualité.

La FEC vise à créer un réseau de soutien entre les communautés, qui va de prêts d’argent à l’échange de travail ou de connaissances quant à la création de communautés.

 

L’assemblée annuelle de la FEC avait lieu du 18 au 24 mars à Twin Oaks. Cette année, exceptionnellement, 12 nouvelles communautés ont fait application pour devenir membres… dont nous! Le Manoir est cependant une des premières communauté “internationale” et francophone, toutes les autres étant états-uniennes (sauf Las Indias, dont je vais vous parler plus loin). Ainsi, les deux premières journées de ce rassemblement étaient dédiées à la rencontre des nouvelles communautés et des communautés en formation.

Malheureusement, la qualité de la communication internet était plutôt mauvaise, et il nous a été impossible, malgré nos tentatives, de participer aux rencontres. Nous avons toutefois enregistré un court vidéo pour nous présenter, ce qui a encouragé les autres communautés à faire la même chose: https://www.youtube.com/playlist?list=PL0NiRkCgiDdAxeOSjdJ2rqXBNF0AuxoaM

Point A

international-diner.png

Nous voulions rencontrer la communauté de Point A qui se développe à Washington DC (d’où leur nom provisoire, AC/DC), car leur parcours ressemble beaucoup au nôtre.

  • Nous avons soupé ensemble par skype le 28 mars. Ils déménageaient ensemble la semaine même, et commençaient à partager leurs revenus.

  • Dans les derniers mois, ils ont beaucoup travaillé sur leurs ententes et leurs documents, notamment leur processus d’intégration des membres (associé à celui d’exclusion des membres) et les modalités de départ.
  • C’est une communauté égalitaire à partage de revenu qui fonctionne par consensus, qui s’identifie comme féministe et anarchiste, et qui place beaucoup d’importance dans la participation à la communauté élargie et dans le militantisme.
  • Ils s’inspirent beaucoup des communautés du FEC, puisque plusieurs des membres fondateurs en sont issus.
  • Également, ils sont pas mal du même âge, fin vingtaine-début trentaine.

Leur mission

To create a productive & expressive, feminist, non-violent, egalitarian, income-sharing, ecologically sustainable, consensus based commune in Washington, DC.  To make a common economy where we hold our land and property, labor and time, and the products of our labor in common to be distributed according to need.  To have as a commune and as members of that commune, a commitment to interpersonal work and our relationships to each other.  

Our Work: To be always engaged, as a commune, in the work of social transformation whether that be growing our own commune, starting new communes, or supporting other cooperative & creative projects aligned with our mission.  To make possible by our collectivity things that are not possible in isolation.

Las Indias

À notre surprise, un des membres de la communauté Las Indias s’est joint à notre souper du 28 mars. Las Indias est une communauté nomade qui existe depuis 2002, basée en ce moment en Espagne, qui a une culture anarcho-cyber-punk. Vous trouverez plus d’infos dans cet article qui présente la communauté.

Nous avons pris rendez-vous pour que nos deux communautés aient l’occasion de se rencontrer. Nous avons fait connaissance avec Manuel, Maria, David, Natalia et Mayra (Carolina était absente parce qu'à Buenos Aires). Tou-te-s issu-e-s de pays différents, illes se sont rencontré-e-s sur internet: Argentine, Espagne, Venezuela… Illes n’ont pas de nation, et brouillent les frontières, tant politiques, économiques que culturelles. Leur seule frontière est la langue.

Illes étaient emballé-e-s d’avoir rencontré une communauté intentionnelle de langue latine, qui apparemment, à leurs yeux, est un phénomène rare.

Pour être franche, leur enthousiasme nous déroutait un peu, de même que leur jugement du monde anglo-saxon. Il faut dire que ce sont de fervents amateurs de langues étrangères, illes adoraient pouvoir nous parler en français, se sentent proches des portugais, illes apprennent même le japonais pour étudier les meilleures stratégies du jeu “Go”... Mais Las Indias est vraiment critiques à propos de quelque langue historique que ce soit, spécialement l'anglais, qui devient la langue internationale de business, parce que ça signifie que les gens dont la langue maternelle est l'anglais ont un avantage indu dans les négociations.

 

Une autre raison de leur plaisir de découvrir de nouvelles communautés à partage de revenu vient du fait qu’ils ont mis beaucoup de temps eux-mêmes à se décrire comme tel ouvertement. Les membres de Las Indias ont partagé leur histoire avec nous.

D’abord, ils nous racontaient que, en Espagne (comme ailleurs, mais on n’a pas eu l’occasion de leur souligner…), le mot communauté fait penser:

  1. Aux communautés sexuelles de 1968
    • “Ah, vous couchez tous ensemble, c’est ça?”
  2. Aux communautés Kibboutz
    • “Ah, vous êtes juifs?”
  3. Aux communautés religieuses
    • En Espagne, les communautés religieuses ne sont pas des sectes, puisqu’il y a la référence catholique, et non protestante, où des communautés de frères ou de soeurs vivent ensemble.

 

L’histoire et la culture espagnole teinte fortement leur conception du monde et leur idéologie partagée. L’anarchisme, et la remise en question de la propriété, c’est “naturel” pour elleux, c’est difficile même de comprendre la consommation. Connaissant un peu l’histoire du Québec, illes faisaient le parallèle en disant que chez elleux, le schisme n’est pas “anglais VS français”, mais “propriétaire VS prolétaire” (on a tenté de leur expliqué qu’en fait, c’est pas mal cette division qui existait historiquement entre les “Anglais” et les “Français”, et que c’est en partie cette lutte de classe qui est présente dans l’imaginaire collectif, mais bon…). “Tu es travailleur, tu le resteras toute la vie, et la seule manière de changer, c’est par la politique” (contrairement, dans leur esprit, à la mobilité sociale qui existe en “Amérique”).

Bref, le fait d’avoir leurs propres entreprises faisait d’elleux des “freaks”. Jusqu’à la crise économique qui a frappé l’Espagne de plein fouet.

 

Au début, donc, “nous ne pouvions pas dire que nous vivions ensemble”. Ce n’est que plus tard qu’illes se sont défini comme une communauté égalitaire productive, où le travail (salarié) est collectif, et le travail “non-productif” génère l’abondance.

 

Même, “nous ne savions pas qu’on était une communauté, on faisait juste tout partager. On a voulu grandir, être plus nombreux-euses, mais on ne pouvait pas. C’était bizarre d’être un couple et de vouloir vivre à plusieurs.” C’est ainsi qu’illes ont rencontré d’autres personnes en Amérique du sud, qui étaient les seul-e-s à être “game”.

Illes se sont dit, on va essayer 1 an ou 2. Et si ça marche, chacun-e pourra choisir s’ille reste ou pas.

Un moment important dans l’histoire du développement de leur communauté, c’est lorsque une de leurs membres a eu un cancer. Niveau 4 sur 5.

“On a décidé de changer nos vies. Ce fut à ce moment que nous avons déménagé ensemble pour la première fois, pour prendre soin d’elle. Ce fut l’enfer, pire que la guerre. On s’est rendu compte qu’on s’aimait tous. On était plus que des amis. Le mot communauté veut dire plus maintenant que jamais. On ressent de la fierté, on es devenu fiers les un-e-s des autres, on est fiers des succès de chacun.”

 

Illes nous ont parlé de différents projets sur lesquels illes travaillent. Notamment, illes proposent un outil web pour fédérer les communautés, et leur permettre de partager leur économie, des ressources. C’est un genre de blog, ou de Twitter, mais beaucoup plus, où il n’y a pas de “middle man”, car personne ne possède ou ne gère les données: https://lamatriz.org/. En plus de leur site internet (https://lasindias.com/), sur lequel, comme nous, ils écrivent beaucoup d’articles!

Enfin, illes travaillent aussi sur un manifeste des communautés, communiste et politique, à l’élaboration duquel les 200 personnes qui font partie de leur réseau dans le monde participent.

Nous avons terminé la rencontre en chantant l'International, au grand bonheur de toutes et tous!

6 comments (+add yours?)

par David de Ugarte on ven, 05/13/2016 - 13:17

Salut Arielle!!

Quelle joie trouver ce post. Comme vous n'avez pas RSS, je crois que j'ai été le premier indiano en le trouver. je maintenant le partagerai avec les autres.

Le manifeste s'a déjà fermé dans son texte définitif le lundi passé, anniversaire du «allons en Icarie!» de Cabet. il déjà y a une traduction complète au catalan et un groupe d'amis du Portugal ils ont commencé un groupe colaborative pour le traduire au portugais. Nous attendons que Steve, de interpreters.coop de Madison, finisse la traduction à l'anglais demain par le matin.

J'Ai aujourd'hui été en cherchant aide pour le traduire au français entre les autogestionaires français. Ojalá quelqu'un s'anime, parce que nous voulons le partager avec vous et que nous disiez si il vous résulte utile. Nous sommes très contents avec l'écho qu'il commence à avoir. Aujourd'hui même nous découvrons que la revue argentine avec plus de tirage a publié une part grande d'il en un de ses derniers nombres. Il a été une grande surprise, mais aussi un symptôme de que fonctionne, il répond des questions et il situe au mouvement communautaire dans un cadre que les gens peut comprendre et qu'il comprend comme propre. Comme écrivait une personne en twitter «le Manifeste raconte de moi».

Nous vous suivons en informant et en racontant du Manifeste et de nos aventures. Si vous pouvez, par faveur ajoutez le module de RSS au Drupal pour que nous soit plus facile découvrir vos posts lorsque les publiez.

Un grand grand embrassade de tous les indianos!

par David de Ugarte on ven, 05/13/2016 - 15:29

Un détail: vous n'avez pas connu à Carolina, qu'est à Buenos Aires, mais à Mayra :-)

par Admin on sam, 05/14/2016 - 17:36

Merci David (et L@s Indian@s!) pour ton enthousiasme et les précisions et corrections que tu amènes.
Je fais les modifications tout de suite!

P.S.: Il fallait bien une communauté de cyber-punk pour nous demander notre flux RSS. Nous n'avions jamais vu la pertinence d'en avoir un avant que nous le demande!

par Admin on sam, 05/14/2016 - 18:59

Ce n'est pas parfait, mais voici le lien rss: http://manoir.community/rss

par David de Ugarte on sam, 05/14/2016 - 21:08

Fantastique! Merci!!

par David de Ugarte on sam, 05/14/2016 - 17:50

Hahaha! Ce vrai! Mais qu'est-ce que tu fais relié maintenant? vous ne voyez pas Eurovision en Québec? ;-)

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