14 oct 2015

1 rue de la Grève, Notre-Dame-des-Neiges (oui, c’est l’adresse réelle)

[Pour plus d’informations: aubergedelagreve. wordpress.com]

L’Auberge de la Grève se situe dans le Bas-Saint-Laurent, où se rencontrent le fleuve et la rivière Trois-Pistoles. C’est un espace capable de loger 11 personnes en chambre individuelle, avec 1 dortoir et plusieurs autres espaces pour dormir. Il y a aussi 2 grands ateliers, une immense superficie collective, une serre et une cuisine de restauration. Le Collectif le Récif est le nom du groupe qui habite et fait vivre l'espace. Nous avons plusieurs définitions pour ce projet: une école libre, un centre d’éducation populaire, des résidences pour militants et artistes, de même qu’un espace d’exploration de la vie militante et collective.

Le but : Créer des liens pour obtenir un plus grand réseau de gens engagés et politisés, apporter du soutien, partager les idées, transmettre les savoirs, converger les luttes.

Politisation et régions

Bien que les régions du Québec aient été au fil du temps le théâtre de plusieurs mouvements militants, à Montréal, nous sommes souvent très loin de ces réalités et il est donc difficile d’établir les relations nécessaires à la complémentarité des luttes. Nous n’avons qu’à penser aux Opérations Dignités dans les années ‘70 pour contrer la fermeture des villages dans l’est du Québec ou plus récemment le mouvement Touche pas à ma Région qui défend les acquis gagnés par des années de luttes et qui sont mis à mal par les coupures sauvages liées à l’austérité. Nous aimerions agrandir notre combat en partageant nos connaissances et en allant en acquérir d’autres provenant autant des gens de passage dans notre auberge que des habitants de notre région d’adoption.

Certaines personnes en campagne tout comme en ville, sont encore malencontreusement prises dans leurs vieilles habitudes ou croyances et veulent rarement entendre parler d’autres choses. Par la diffusion locale d’informations sur des enjeux politiques, nous espérons toucher les cœurs et les esprits. La politisation des personnes de tous milieux est plus qu’importante, elle est obligatoire si on veut parvenir à construire un monde meilleur. Par ce projet, nous tenterons de souder les pièces du ‘’puzzle’’ non pas sans appréhension face à de possibles réactions négatives de tout ce beau monde mais en gardant une ouverture d’esprit et en s’armant de patience. Nous allons aussi profiter de ces épisodes en région pour écouter ce que nos voisins ont à nous dire et apprendre de leurs connaissances.

Il faut s’organiser ensemble pour développer des stratégies et ainsi trouver le bon chemin : une façon efficace de partager les luttes avec les habitants du coin. C’est par l’art et une conception ludique de nos activités que nous pensons y arriver. La douceur et la convivialité nous semblent être une bonne approche pour y parvenir. Avec l’art, les possibilités de dialogue sont infinies, que ce soit par des moyens comme les théâtre-forums, la peinture, la photographie, l’écriture, des ateliers de création et autres initiatives. Nous souhaitons ainsi introduire des débats sur des enjeux auxquels certains individus ne se sont tout simplement jamais arrêtés et/ou qui, parfois, sont mal informés (quoique convaincus): comme par exemple l’austérité, les hydrocarbures, le féminisme, l’intersectionnalité, la culture du viol ou encore le racisme latent. Après avoir démystifié ces sujets, d’autres thèmes plus sensibles, comme la désobéissance civile, le radicalisme et l’anarchisme pourront aussi être abordés. Ensuite pourrons-nous peut-être, qui sait, trouver des possibilités de résistances communes?

C’est en nous impliquant dans la communauté, en tissant des liens, en faisant du bénévolat, en bâtissant des relations de proximité avec le voisinage et en tentant de nous intégrer de façon durable que nous espérons pouvoir passer le stade de la simple provocation pour ainsi faire cheminer les pensées ensemble. Nous serons donc présents pour nous assurer que les informations ne se perdront pas dans le brouillard comme le fait parfois le St-Laurent par temps humide. Il faut s’organiser, sans nécessairement exiger la multiplication de la conscience anarchiste. Une perception commune des enjeux peut suffire.

À moyen terme, nous espérons étendre la mobilisation de diverses façons, notamment par le biais d’un autobus de mob ou encore par la multiplication des espaces similaires à l’Auberge de la Grève du Collectif le Récif. Notre situation géographique privilégiée nous permet d’atteindre aisément bon nombre de régions de l’est du Québec, nous donnant la possibilité de partager plus d’information au sujet de l’avènement de l’économie pétrolière et de ses répercussions dans nos patelins. C’est en région que se joue la majeure partie des enjeux environnementaux, bien qu’ils soient constamment passés sous silence ou sous le couvert d’une jolie manigance aux allures de carte postale (nous savons comment les compagnies extractivistes sont douées pour séduire les communautés où elles s’établissent en leur promettant monts et merveilles, pour mieux soutirer leurs richesses).

Une coalition est déjà en cours avec plusieurs autres collectifs ruraux et citadins. Plus les luttes sont localisées, plus elles peuvent se rallier entre elles. Dans une logique de « si on ne fait rien, qui le fera? », nous chercherons à densifier ces liens. Ensemble, nous voulons contrer l’anémie existentielle, parce que tout le monde est capable de questionnements moraux. Le savoir est une arme. Ne baissons pas les bras devant l’amoncellement d’idéaux individuels. Créons ensemble une conscience collective. Ouvrons des brèches.

Mes projets, tes projets, nos projets.

L’Auberge de la Grève est un espace collectif qui explore l’apprentissage autogéré et qui offre des places d’hébergement et d’ateliers aux militantEs et aux artistes. On s’ouvre aux multitudes de projets possibles et on veut expérimenter les formes d’éducation non hiérarchiques.

Déjà, plusieurs questions se posent; comment peut fonctionner un lieu qui encourage le partage des savoirs? Est-ce que le collectif arrivera à considérer le rythme, les intérêts, les choix et les besoins de chaque participantEs? Comment arrive-t-on à créer un soutien aux participantEs et un accueil intéressant pour ceux et celles qui débutent leur projet?

En s’inspirant des différents facilitatrices et facilitateurs oeuvrant en éducation alternative, ainsi que des expériences personnelles des participantEs, on arrive à une base commune d’outils qui aide à l’organisation et l'implantation de projets concrets.

 

Une personne, qui participe à un espace d’apprentissage autogéré, commence par:

  • Observer
    Quelle est sa perspective sur la société, sur la communauté, sur soi? Le vécu d’une personne et le sens qu’elle donne à sa réalité s’entremêle avec les observations qu’elle a sur les étapes de son projet (Par exemple, existe-t-il des projets similaires et comment est-ce qu’elle les comprend? Quels sont ses besoins individuels et quels sont les besoins du projet?)
  • Avoir un objectif clair
    Que veut-elle accomplir et pourquoi? Comment elle, en tant qu’individu, et/ou la communauté bénéficiera de ce projet?
  • Connaître ses limites
    Apprendre à respecter ses limites et les limites du projet. Quelle est la taille du projet? Combien de temps peut-on y allouer? Avec qui veut-on travailler et avec qui veut-on le partager?
  • Identifier ses “ressources”
    Apporter ses “ressources” (que ce soit en terme de connaissances, de ressources matérielles, de traits de personnalités, etc.) Comment utiliser ce qu’elle a déjà pour faciliter la réalisation de son projet et de possiblement contribuer à ceux des autres?

Ainsi, le collectif s'entraide. Travailler en groupe contribue à créer un milieu dynamique et motivant.

Un groupe qui participe à un espace d’apprentissage autogéré, collabore dans:

  • L’analyse
    Il est souvent bénéfique de partager ses réflexions. Un groupe contribue à l’étape de l’analyse du projet et c’est à la personne responsable du projet de déterminer comment l’analyse du groupe s’agence avec son analyse personnelle.
  • La logistique
    Il existe plusieurs outils logistiques pour mettre en place un projet. Encore, le ou la participantE choisit le niveau d’implication du collectif (échéancier, coordination, délégation de tâches, préparation du matériel, plan d’action, etc.)
  • L’implantation du projet
    Yahooo! moment excitant!
  • Le maintien du projet
    Combien de temps va-t-il durer? Combien de temps les autres participantEs ont envie d’y consacrer?
  • L’évaluation
    La personne s’évalue. Le collectif peut offrir ses commentaires et ses critiques pour permettre une évaluation plus complète (ce qui a fonctionné? ce qui n’a pas fonctionné? ce qu’on a appris?)

Autres faits utiles: Notez ces expériences. Aidez les autres à construire leur projet; on absorbe mieux les nouvelles connaissances en les transmettant aux autres.

 

Finalement, un espace d’apprentissage autogéré est toujours en mouvement et en questionnement. On propose ici des bases pour construire une diversité de pistes possibles avec lesquelles nous continuons à nous réapproprier notre éducation.

L’espace membrane, le sens nucléaire

  

 

Partir de l’espace, du lieu sous toutes ses formes.

L’Auberge de la Grève, c’est avant tout un espace.

Un espace que l’on construira par la signification subjective qu’il prendra.

Il s’agit de faire fermenter le sens dans cet espace, ces espaces.

Parce qu’en investissant le sens, on multiplie les espaces.

 

Ce que l’on présente c’est un projet, une tentative de se réapproprier le quotidien par la construction d’un noyau de sens à travers ce lieu-écosystème commun. De cette confluence fluviale, on tentera de bâtir du signifiant commun qui aura pour effet de démultiplier l’espace. Il n’est pas question d’archipelliser, mais bien d’étendre la portée du sens dans la multitude du lieu. Le Collectif le Récif devenant ainsi espace de discussion, espace de lutte, lieu commun, lieu d'éducation, mais surtout lieu de sens.

On propose de cartographier le signifiant.

D’humblement reconnaître le partage d’un espace polymorphe à travers le sens.

De construire une multitude de lieux communs par le sens. 

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