15 juin 2015

écrit par Gros Tony

Si Rome ne s’est pas construite en un jour, il en est de même pour tout vaste projet. Le capitalisme même à d’abord fait bien piètre figure au sein du système féodal. Au bas moyen-âge, les bourgeois organisés sous forme de ligues ont su prospérer et tranquillement prendre de plus en plus de place sur l’échiquier politique. Puis, lorsqu’ils se sont sentis assez puissants, aidé du peuple qui croyait à un monde meilleur (liberté, égalité, fraternité), ils ont décapité l’aristocratie et se sont investi des pouvoirs, sous la forme de la démocratie bourgeoise que nous connaissons aujourd’hui. Pour les révolutionnaires, il peut parfois être long d’attendre que le grand soir ne survienne. En attendant notre triomphe, préparons demain. Pour y arriver, les communautés intentionnelles à revenus partagés sont d’excellents outils. Il faut d’abord changer notre culture saturée par le système qui nous domine, système qui influence même notre pensée, par un système subtil de propagande, que ses promoteurs appellent publicité. Ensuite, nous devons préparer un bon réseau d’infrastructures pouvant nous fournir une stabilité lors du changement que nous voulons provoquer.

 

Chaque humain s’imprègne de la culture dans laquelle il vit. Ainsi, quelqu’un qui vit au Québec à de bonne chance d’avoir la culture québécoise et quelqu’un qui vit dans le capitalisme, à de bonne chance d’avoir la culture capitaliste. Par exemple, actuellement, notre culture nous façonne pour qu’on soit en constante compétition. Elle nous individualise, nous fait voir le bonheur dans la voie matérielle seulement, sans parler de sa nocivité pour l’écologie de la planète. Les enfants qui se battent pour avoir la meilleure note à l’école, qui son assis sur leur cul, formés à obéir et obligés de penser au métier, à la fonction qu’ils occuperont lorsqu’ils seront grands est un bon exemple de ce conditionnement. Un changement de culture vers un monde libertaire s’impose. C’est un processus qui prend plusieurs années, voir même plusieurs générations. Si les enfants d’anarchistes ont de bonnes chances d’être modelés par les valeurs libertaires (égalité, coopération, camaraderie, mutualisme, autogestion, liberté, démocratie, écologie, féminisme, partage), il n’en est pas de même pour les instigateurs du nouveau paradigme qui n’ont que leur volonté et leur camaraderie pour changer leurs agissements.

 

Lorsqu’un «mauvais pli» est pris, il est difficile de le changer et à entendre mes aïeux, il paraîtrait que ça devient plus dur en vieillissant. Une communauté intentionnelle est une bonne manière de décoloniser notre imaginaire et de s’entraider à bâtir la culture que nous voulons; sans oppression, ni hiérarchie, ni violence. En côtoyant des gens, qui essaient chaque jour d’évoluer dans le même sens, ouverts à la critique constructive, les choses vont beaucoup plus vite que tout seul dans notre coin. En plus, dans une communauté intentionnelle, nous aurons la chance de tout partager et de vivre en proximité, ce qui nous confrontera encore plus avec notre vieille culture que nous tentons de laisser de côté. Et pour la suite, que faire de la masse des gens qui préfèrent ignorer les problèmes plutôt que les confronter? On peut se dire qu’ils sont suiveux et que lorsqu’une masse critique de gens fonctionnera d’une autre manière, ils changeront. On peut aussi se dire que lorsqu’ils se seront fait assez appauvrir pour prendre la rue, ils seront alors entraînés par quelque chose de plus grand qu’eux qui les changeront à tout jamais. La révolution forme le ou la révolutionnaire. Et à ce moment, les communautés intentionnelles représenteront une autre alternative qui nous empêchera de retourner à ce que nous avons toujours connu.

 

Les communautés intentionnelles à revenu partagé seront un noyau solide pour assurer une stabilité au moment de changements brusques. En effet, elles auront un capital de production capable de subvenir aux besoins de ses membres et en cas de nécessité, même davantage. Ses habitants auront acquis des compétences et des savoirs sur des techniques et des technologies plus écologiques et moins aliénantes qu’ils pourront diffuser dans ce monde en crise pour essayer de le restructurer. On espère qu’alors elles se seront fédérées pour encore plus de poids, car comme le disais l’autre : le tout vaut plus que la somme de ses parties. Elles deviendront alors une influence de taille pour un nouveau monde plus égalitaire.

Pour conclure, il faudra garder en tête que la diversité est sans doute la clef, que le système parfait n’existe pas, que chaque groupe d’individus pourra créer quelque chose qui lui ressemble. Tant et aussi longtemps que nous tendrons vers des idéaux de liberté et d’égalité les réponses que chacunE trouvera pourront travailler en synergie. Et comme les idéaux sont des horizons et non des points d'arrivée, il faudra que les communes soient en perpétuel changement afin de tendre le plus possible vers ceux-ci.

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