Cet article est le 4e et dernier du dossier “Modes de prises de décision: consensus et consentement”, où vous trouverez la liste de mes références. Je partage ici l'état de mes connaissances actuel. Si vous avez des précisions, des corrections, ou une meilleure compréhension de ces concepts, n'hésitez pas à partager vos commentaires!

 

La sociocratie et le consensus ont une base commune.

  • Ça prend un but/une intention/une aspiration/une raison d'être commun(e).

  • Si ça concerne des préférences personnelles, un opinion, ce n'est pas du consentement/consensus. Il faut poser des questions à un niveau plus global, pour en arriver à un niveau transpersonnel.

  • Le processus se ressemble beaucoup.

Pour le reste, voici l'information que j'ai glânée dans l'article « Consent VS Consensus » de Maggie Dutton :

  • Le moment présent VS le jugement :
    Pour certains, le consensus n'est pas un mode de prise de décision : c'est quelque chose qu'on a ou qu'on n'a pas. Il serait difficile à construire au-delà de 10 personnes. Les attentes par rapport à ce que l'on souhaite atteindre par le consentement ne serait pas les mêmes qu'avec le consensus. Le consensus se pencherait sur la décision, alors que le consentement serait une façon de conduire un processus. La question en sociocratie n'est pas « qu'est-ce que l'on décide », mais « qu'est-ce que l'on fait dans le moment, dans le présent. ». Porter un jugement sur le passé ou le futur, parler en terme de réussite ou d'échec, n'est pas vraiment pertinent. Les vraies questions à se poser sont : « Quelles sont les limites de tolérance du système en ce moment? » et « Comment pouvons-nous guider le présent? ». En ce sens, le consentement ferait disparaître l'aspect de peur que soulève le consensus, le sentiment qu'une décision nous enfermera pour toujours, qu'il faut prendre la bonne, car la réussite dans le futur en dépend.

  • La peur :
    Le système du consentement limite ce que les gens peuvent amener dans la discussion, il ne permet pas d'apporter de la peur, ou une objection basée sur une situation ou un résultat hypothétique. Cela limite la peur et l'égo, parce que la peur n'est pas utile. Le système de la sociocratie crée donc un contexte dans lequel la peur n'est pas utile, puis la limite.

  • Objections :
    Aussi, les objections que les gens amènent sont considérées comme de l'information apportée sur la réalité présente, pour analyser la cause d'un dysfonctionnement, et non pas comme une objection personnelle. La perception d'une personne a toujours une part de réalité, on ne peut pas « être d'accord » ou « pas d'accord ». On peut dire que cette perception « résonne en nous », ou qu'elle ne résonne pas, ce qui veut dire « aide-moi à résonner avec cette perception, dis-moi en plus ». L'idée est de s'harmoniser au plus grand spectre de vérité que le groupe peut atteindre. La décision ne peut être bloquée, car elle n'est pas prise : elle « émerge ». Tout ce que l'on fait, c'est ajouter des perspectives, et c'est à travers l'intégration de ces perspectives qu'une décision émerge. Il est parfois difficile de savoir « qui » a eu l'idée : ce n'est pas moi, ce n'est pas elle, c'est le cercle...

  • Pas de vote, pas de bloque :
    Il n'y a pas de vote dans le consentement.
    Également, comme le processus ne porte pas sur une « grosse décision », il n'est pas vraiment possible de la bloquer, comme dans le consensus : c'est même un peu absurde de penser en ces termes. Il s'agirait plutôt de se brancher sur l'inspiration créative et lui permettre passer par soi, et de la suivre. Ainsi, les objections ne bloquent pas la décision, mais sont considérées comme de nouvelles perspectives qui viennent s'ajouter et s'intégrer à la décision qui sera prise à la fin.
    Enfin, toutes les décisions ne sont pas prises par tout le monde, et tout le monde ne participe par à toutes les discussions. En fait, selon ce que j'en comprends, la structure de la sociocratie, par ses cercles et double-lien, fait en sorte que les membres font partie des comités qui touchent au travail quotidien qu'ils font. Les décisions qu'ils prennent concernent l'organisation de leur sous-groupe, et les tâches spécifiques qu'ils ont à accomplir. Je n'ai pas à être présente sur le comité jardin si je n'y travaille pas, mais je participerai aux rencontres de la cuisine si je souhaite m'engager dans ce comité. Je me questionne cependant : qu'en est-il de la planification, et des décisions qui affectent toute la communauté : forme légale, plan de développement, sources de revenus, etc.? Est-ce que c'est non pertinent en sociocratie? C'est un comité « décisionnel » qui se penche sur la question?

1 comment (+add yours?)

par Richard on mar, 06/02/2015 - 13:16

J'aime moins cette vision sectorielle de la communauté ou dumoins ce que j'en comprend. «Je n'ai pas à être présente sur le comité jardin si je n'y travaille pas, mais je participerai aux rencontres de la cuisine si je souhaite m'engager dans ce comité.» Dans le cas présent les deux "comités" serait en quelque soit relié mais une personne qui ne serait sur aucun comité relié à l'alimentation n'aurait pas droit d'émettre ses opinions sur ce qu'ille mange?
Je comprend que le but est d'éviter une certaine lourdeur "bureaucratique" mais j'ai l'impression que c'est possiblement limitant d'un point de vue de la mobilité des gens dans leus tâches. Combien de micro comités y aurait-il au final? S'il y a une mobilité et des gens qui s'impliquent dans des secteurs que pour quelques heures ça serait quand même fluide de coordonner les moments des différentes rencontres de comités?

J'ai beaucoup ce genre de questionnements, qui seon les descriptions ne serait pas valable comme objection mais que je crois nécessaire pour la réflexion. Je me demande aussi si c'est le genre de réflexions qui entrent sous la banière de la peur «basée sur une situation ou un résultat hypothétique.»

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