Ceci est un article publié par Jeanne Magazine en décembre 2014. Il s'inscrit dans un dossier de plusieurs articles, disponible sur leur site internet dans la revue #11. Merci à elles d'avoir accepté qu'on le partage ici!

 

Quelques années après les émeutes de Stonewall aux Etats-Unis, des femmes ont choisi de tout quitter pour un changement de vie radical, un retour à la nature, entre elles. Aujourd’hui, les communautés lesbiennes ont muté et accueillent désormais des hommes et des femmes de toutes orientations sexuelles.

 

Jeanne Magazine a rencontré pour vous des femmes qui ont décidé de vivre autrement et de se créer leur petit coin de paradis, parmi elles, Valerie et Brittany, qui vivent à Twin Oaks en Virginie (Etats-Unis), un écovillage d’une centaine d’habitants, créé en 1967. Chaque membre travaille en harmonie pour la communauté, qui est autosuffisante. A Twin Oaks, toutes les décisions sont prises collectivement, sans dirigeant et sans religieux, et ça fonctionne parfaitement… Extraits de l’interview disponible dans le numéro de décembre de Jeanne Magazine.

 

 

« Twin Oaks est le premier endroit où j’ai pu me sentir libre d’aimer et d’être tendre publiquement avec d’autres femmes. »

 

Quelles sont les motivations des personnes qui ont choisi de venir vivre à Twin Oaks ?
Valerie : Pour la plupart des personnes qui vivent ici, elles sont motivées par le désir de vivre une vie en adéquation avec leurs valeurs. Elles ont cherché à vivre une vie pleine de sens et ne l’ont pas trouvé dans leur lieu d’habitation d’origine. En ce qui me concerne, j’ai vécu 5 ans à Montréal, j’ai donc pratiqué un mode vie urbain trépidant mais il était temps pour moi de passer à autre chose. Lorsque j’ai découvert Twin Oaks, c’était pour moi la vie parfaite et tout ce que je recherchais.
Brittany : J’ai été très attirée par cette culture féministe et non-violente, mais aussi par cette idée du travail commun et du partage des salaires. Chacun ici gagne la même chose et voit ses besoins comblés par la communauté. Ces idées étaient toutes très excitantes.

 

Pensez-vous que le féminisme et l’écologie forment un duo naturel ?
Valerie : Certainement ! Les deux incarnent l’idée d’embrasser diversité et équilibre.
Brittany : Sans aucun doute. L’extraction des ressources de notre monde naturel est un miroir de la société patriarcale qui extrait les ressources des femmes de manière générale. Le système patriarcal voit les femmes comme une ressource naturelle à exploiter par le travail domestique, le viol, la reproduction et une sorte de soumission envers les hommes. Il y a un rapport entre le viol et la destruction des ressources naturelles, entre les statuts « secondaires » attribués aux femmes et aux animaux. Nous ne nous débarrasserons pas de l’un sans refuser l’autre.

 
Quelles sont les valeurs que vous partagez ?
Valerie : Nous partageons les valeurs de coopération, d’égalitarisme, de partage des salaires et de non-violence. Nous sommes membres de la fédération des communautés égalitaires, qui regroupe les communautés comme la nôtre partageant les mêmes idéaux.

Comment vit-on à Twin Oaks quand on fait partie de la communauté LGBTQ ?
Valerie : L’une des choses que j’aime ici c’est nous n’avons pas ce besoin de nous étiqueter homo ou hétéro. A Twin Oaks, la sexualité est très fluide. Les membres de la communauté peuvent changer d’orientation sexuelle, et ceux qui ne souhaitent pas s’identifier à une sexualité particulière n’ont pas à le faire. Notre culture est telle que parler de la sexualité de l’un de nos membres est hors de propos, sauf si bien sûr vous êtes intéressée par cette personne. Là, bien sûr, cela vous intéresse beaucoup plus [Rires]. Mais au-delà de cela, nous avons une culture LGBTQ très prononcée. Si une nouvelle personne vient  vivre ici, et que pour une raison ou pour une autre, elle n’est pas à l’aise avec cela, alors cela ne va pas pouvoir le faire…
Brittany : J’ai grandi dans un endroit où les lesbiennes étaient invisibles. Je pensais réellement que les jeunes de mon lycée étaient tous hétéros, car personne n’était ouvertement homo, et même à l’université, être lesbienne ne semblait pas normal. Twin Oaks est le premier endroit où j’ai pu me sentir libre d’aimer et d’être tendre publiquement avec d’autres femmes. J’ai rencontré ma première petite amie ici, et je ne pense pas que cela aurait été possible ailleurs pour moi sans ce soutien présent ici. Ici, les femmes hétéros ne sont pas effrayées à l’idée d’être intimement proches d’autres femmes. C’est vraiment très agréable. [Rires]

Continuez…
Valerie : Par nos valeurs, nous nous attachons à traiter tous nos membres de manière égalitaire, sans faire de différences. A Twin Oaks, la discrimination n’existe pas, elle n’est pas non plus présente dans nos systèmes de soin, dans le travail et nulle part ailleurs. Il n’y a aucune  violence et encore moins d’isolement.
Brittany : Je pense que la personne qui se montrerait homophobe serait exclue de la communauté sur le champ ! Elle ne recevrait aucun soutien pour avoir agi de la sorte et n’aurait pas beaucoup d’amis.

 

A lire aussi dans Jeanne Magazine : l’interview, d’Heather Burmeister, une jeune américaine, dont la thèse a porté sur les villages lesbiens dans le sud de l’Oregon.  Pour Jeanne Magazine, elle revient sur la genèse des communautés de femmes.

La rencontre avec Isabella, qui vit à Botcol en Bretagne, une ferme bio achetée par un petit collectif de femmes berlinoises qui proposent un hébergement essentiellement réservé aux femmes.

Et l’interview de Karin, qui a créé Au septième, une ancienne ferme nichée au cœur de la campagne bretonne, où elle y propose des chambres d’hôtes, des ateliers et des événements autour de l’art, de la cuisine et de l’écologie. Un lieu écologique, biologique ouvert à tous les genres et identités sexuelles.

 

Retrouvez toutes ces interviews dans notre dossier de 12 pages « Des communautés de femmes aux écovillages, quand les lesbiennes vivent autrement » publié dans le numéro de décembre de Jeanne Magazine.

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