Infolettre du Manoir - no 4 - été 2014

Août 2014: Rassemblement des communautés!

Écrit par Audrey
06/26/2014 - 00:00

Je trouve important de valoriser les communautés intentionnelles et de transmettre ma passion pour celles-ci. C'est pourquoi je m'investis dans l'organisation du Rassemblement des communautés de Twin Oaks. Voici une brève description de l'évènement. 

Du 29 août au 1er septembre, il va y avoir le 20ième rassemblement des communautés à Twin Oaks. Il s'agit d`un espace pour échanger des idées, rencontrer d'autres personnes ayant les mêmes intérêts que nous et s'amuser durant tout une fin de semaine! Il va y avoir une panoplie d'ateliers (en anglais), d'espaces ouverts sur différents sujets: prise de décision en groupe, diversité, relations intentionnelles, environnement, etc. Le rassemblement s'adresse à toute personne qui s'intéresse ou qui s'implique dans le monde des communautés intentionnelles, des coopératives et des projets communautaires. Le coût varie de 85$ à 185$ dépendant de vos besoins d'hébergement. De plus, il y a la possibilité de faire du bénévolat pour réduire le coût de la fin de semaine.

 

Vous voulez en savoir plus sur cet évènement? Voici le site web du rassemblement: 

http://www.communitiesconference.org/

 

Voici le thème de la fin de semaine :

Radical Sharing: Sharing is daring

Sharing is no secret.  It’s well known that sharing can make your life better, whether it’s from an economic, social, or environmental perspective.  But sharing is daring. It requires trust. It requires communication. It requires a whole set of skills and attitudes not taught to us in our hyper-individualized, capitalist economy.  In the mainstream economy sharing is inconvenient, discouraged, or even illegal. Community is about sharing. Community is about the systems and the culture that make sharing possible and make it a force that can solve the biggest problems facing the world today.

 

Il y aura aussi une journée très intéressante le lundi pour aider les gens qui veulent développer une communauté. 

Communities Clinic

Are you part of a community or organization that is new, recently formed, redeveloping, or considering redeveloping?  This one-day follow-up to the Twin Oaks Communities Conference on Labor Day, Mon. Sept. 1st, will provide a platform for these groups to consult with experienced community builders, connect with resources, and troubleshoot with other groups.  

The format for the day will be dynamic and highly interactive - no long series of boring lectures here!  We’ll provide opportunities for groups to work with experts on their particular issues.  We’ll create forums for discussion on particular topics.  And we’ll engage groups with each other to share about their successes and challenges.  Topics for the day will cover a broad range of issues from legal/financial to cultural and logistical, and will be guided in part by groups who register early and tell us what they’re looking for!

 
N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions: boisvert.audrey@gmail.com

Au plaisir de s'y rencontrer!

Audrey

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Micropolitiques des groupes pour une écologie des pratiques collectives

Écrit par Arielle
07/23/2014 - 19:46

David Vercauteren, Micropolitiques des groupes - pour une écologie des pratiques collectives,
Éditions les Prairies ordinaires, 2011, Paris

 

La lecture du livre « Micropolitiques des groupes » fut très intéressante. L'auteur, ayant lui-même fait partie de nombreux groupes militants autogérés, propose une analyse réflexive des groupes auxquels nous prenons part. La perspective qu'il choisi n'est cependant pas celui des structures apparentes et conscientes, des rôles et fonctions officiels, des mots utilisés pour décrire et délimiter un groupe. Adoptant une posture tout à fait « post-moderne », David Vercauteren nous invite à regarder les plis, les failles et fissures, les transversalités, les mouvements internes d'un groupe, les effets de ses actions ou de ses choix.

Il s'agit de tirer un trait sur cette conception d'un savoir qui dit ce que doit être l'avenir pour s'ouvrir à un « diagnostic sur ce qui entrave la possibilité d'inventer cet avenir »

Le but de cet ouvrage est donc de développer et partager un savoir qui se co-construit, pour nous permettre de réinvestir notre autonomie.

L'autonomie ne se confond pas avec le modèle libéral d'un humain pur et sans attache ou avec sa version libérale-libertaire du tout-est-permis. Elle tente, dans notre cas, d'exprimer une perspective : celle de s'approprier ses temps et ses espaces de vie.

Le livre est construit en différents chapitres, qui, chacun, développe un élément, un concept, qui appartient à la micropolitique des groupes. Ils sont classés par ordre alphabétique, mais nous sommes invités à les lire selon l'ordre (ou le désordre) que nous voulons. Quelques « trajets » sont proposés pour naviguer au travers des concepts, lorsque notre groupe vit une situation particulière, ou si l'on tente de répondre à une question plus précise. À la fin de chaque chapitre, il y a également des suggestions pour approfondir la réflexion selon tel ou tel angle.

La question qui soutend toute la réflexion, c'est « comment construire et affirmer de nouveaux modes d'existence collective? », et la piste de réponse qu'elle nous invite à explorer, c'est de « développer une attention particulière aux effets. »

Tout le livre est disponible sur internet (en français car l'auteur est belge) : http://micropolitiques.collectifs.net

Le pouvoir

Un des sujets qui m'intéresse particulièrement dans la micropolitique des groupes est la question du pouvoir, surtout lorsqu'elle est abordée dans une perspective autoréflexive critique, et qu'elle en aborde les aspects plus informels. Pour mieux comprendre la perspective proposée, j'ai choisi de vous présenter un long extrait :

Pour certains groupes, une valeur négative est attachée au mot « pouvoir », auquel on oppose des valeurs plus positivement connotées telles que démocratie ou égalité.

Cette première logique se manifeste selon diverses attitudes. L'une relève en quelque sorte d'un position « dure », où l'enjeu du groupe sera de maintenir à tout prix les formes les plus parfaites d'égalité entre ses membres; toute personne qui dérogera à cette règle se verra accusée d'autoritarisme et priée de rentrer dans le rang. Le regard se portera donc en priorité sur les signes apparents, sur la formalisation, le partage et la répartition des tâches, des activités et des fonctions, et moins, la plupart du temps, sur les processus et les contenus que cela permet de produire. Le critère choisi dans cette dynamique est la moyenne : ceux qui ont « plus de ... » doivent se retenir et ceux qui ont « moins de ... » doivent « accéder à ... ». Implicitement, le « faible » sera ici adulé et le « fort » sera châtié afin que toutes et tous convergent vers le même idéal d'une égalité enfin réalisée.

À partir du même point de vue négatif sur le pouvoir, une autre attitude a cours. Elle est plus soft, le moralisme y est moins prégnant. Ici, le pouvoir est perçu comme une construction sociale : « Nous vivons dans un monde hiérarchique... ». Le pouvoir est donc une résultante du système inégalitaire et, vu que nous sommes nés dedans, c'est un leurre de s'imaginer devenir capables de le supprimer en un coup de baguette magique et encore plus de penser pouvoir fonctionner de manière « idéalement » égalitaire par le fruit de la simple volonté. Dans une telle conception, le pouvoir garde une connotation négative, toujours opposée à une valeur supérieure d'égalité. Mais l'enjeu est cette fois de modifier petit à petit ce que l'on pourrait appeler les asymétries qui ont cours dans le groupe, dans le but de les faire disparaître à terme. Ce point de vie est traversé par l'idée que l'égalité suppose une réalisation et la fabrication d'une certaine uniformité des positions, des compétences et des capacités. Paradoxalement, le critère passe donc bien également par une moyenne à atteindre ou à produire, mais la posture n'est pas la même : ici s'affirme et se construit une volonté de permettre une appropriation partagée d'un certain nombre de facultés et de compétences reconnues comme importantes et détenues par l'une ou l'autre personne. On ne canalise plus celui ou celle qui les détiennent, on ne les refréné plus, on les convie à les partager et, ce faisant, on escompte pouvoir marcher ensemble vers l'égalité.

Dans les deux cas, on imagine le pouvoir comme une entité séparée qu'il s'agit de restreindre ou de s'accaparer et on pense qu'une fois cet objectif réalité, l'unité pourra être consacrée. Cette conception facilite la tâche de la pensée en lui permettant de réduire un phénomène complexe à des attributs (il a un certain nombre de …) ou à une psychologisation, à une personnalisation des fonctions dans un groupe. Nous y reviendrons.

Changeons maintenant de perspective et regardons désormais le pouvoir comme un ensemble de relations, ce qui implique qu'il s'exerce sur quelque chose ou sur quelqu'un. En même temps, l'un et l'autre acteurs de la relation qui se construit ne sont pas fixés dans un rôle : tout à tout, voire simultanément, chacun des pôles de la relation intervient, bouge, fait évoluer le rapport, le jeu de pouvoirs, c'est-à-dire d'influences, tant sur la situation que sur la relation qui se tisse. […] À partir de cet axiome, on peut concevoir une liste de variables ouvertes, exprimant le rapport de force ou de pouvoir constituant des actions sur des actions : inciter, induire, détourner, rendre facile ou difficile, élargir ou limiter, rendre plus ou moins probable... Telles sont les catégories de pouvoir.

Cette approche différente de ce que désigne généralement le mot « pouvoir » fait d'emblée apparaître que, dans le regard que l'on pose sur la pratique collective, nous avons tendance à remplacer « la relation » (le pouvoir comme rapport entre des personnes, donc entre des forces) par « l'identité » (le pouvoir comme attribut incarné, comme étant le fait d'une personne).

Évaluer

« Apprendre, c'est d'abord considérer une manière, un objet, un être comme s'ils émettaient des signes à déchiffrer, à interpréter ».

À ce titre, l'évaluation peut se concevoir comme une sorte de processus permanent d'initiation (apprendre des signes), au sens où il s'agirait de construire, déconstruire et reconstruire « l'être » collectif que l'on prétend constituer et son devenir.

David Vercauteren propose d'adopter une attitude méfiante face à la pensée selon laquelle il suffit d'avoir de la bonne volonté pour trouver et régler les problèmes, les « phénomènes à déplier », qui peuvent être soulevés dans la vie d'un groupe. Certaines personnes peuvent être plus sensibles à détecter les signes qu'il y a quelque chose à explorer. « Comment saisir une des forces partielles qui traversent le groupe pour l'étendre à l'ensemble et tirer de cette sensibilité une intelligence et un savoir collectif? » Et comme évaluer un processus ne se fait pas tout seul mais que cette évaluation doit être construite, « quelles sont alors les conditions nécessaires pour tenter de déplier le(s) signe(s)? »

Micropolitiques

La vie fait maintenant partie du pouvoir. Ce mode de pouvoir a pris une nouvelle vitesse et s'est focalisé toujours davantage sur la production de la subjectivité.

À ce niveau, la question n'est pas de nous libérer d'un État oppressif ou sous la coupe du capital en revendiquant des droits individuels ou des conventions collectives puisque c'est l'État qui est matrice d'individualisation. « Sans doute l'objectif principal aujourd'hui n'est-il pas de découvrir mais de refuser ce que nous sommes ». « Promouvoir de nouvelles formes de subjectivité »

La question est, aujourd'hui : de quelles techniques et savoirs collectifs avons-nous besoin en vue de soigner et conjurer ces empreintes corporelles qui affectent nos capacités d'agir et de penser et tendent à nous rendre impuissants?

Parmi les outils qu'il partage, David Vercauteren parle des rôles : ceux, implicites, qui décrivent des tendances que nous pouvons avoir selon notre personnalité, et ceux que nous pouvons nommer et utiliser comme moyen de créer des dynamiques de groupe plus vivantes et créatives. Il invite à faire rouler ces rôles, mais surtout, d'observer les effets que cela a sur le groupe. Si le sujet vous intéresse, l'auteur nous réfère à Starhawk et son ouvrage « Truth or Dare ».

Les outils comprennent aussi les artifices, soit tout ce qui permet à un groupe de sortir de ses habitudes et modes de fonctionnement naturels – qui ne sont bien évidemment pas sans rapport avec le type de culture dans lequel il baigne –, d’apprendre à devenir attentif à la manière dont il se construit, dont il travaille ensemble. Une manière technique de répondre aux problèmes qu’il rencontre.

L'ensemble des rôles, des artifices et de tous les éléments créés, testés et évalués en vue d’aider le processus de production du groupe se nomment des dispositifs.

***

Ce que je recherche dans une communauté intentionnelle vivante et nourrissante, c'est un groupe qui souhaite être acteur de changement, à la fois par le partage d'un mode de vie en phase avec des valeurs de respect de la nature et de justice sociale, de même que dans son action sur son environnement et sa communauté élargis. Bien que je souhaite que la communauté offre un espace de stabilité et de confiance favorisant le bien-être et l'épanouissement de ses membres, il est essentiel pour moi qu'elle soit toujours en mouvement, flexible et adaptable, capable de se remettre en question. Je ne crois pas détenir la vérité, et je ne crois pas que notre communauté arrive un jour à trouver la « réponse » qui lui permettrait d'arrêter son travail de construction d'un monde meilleur. Ainsi, je partage la perspective adoptée par David Vercauteren, celle d'être toujours à l'affût des effets de nos choix et de nos actions, celle de développer une sensibilité aux processus, et de se donner des outils pour retrouver une plus grande autonomie.

« Nous aimons dans le communisme cette idée du bien commun, dans l'anarchisme cette conception de liberté, dans '68 cette ouverture et ce foisonnement, et dans tous les lieux qui ont tenté ou qui essaient maintenant de vivre plus justement, cette espérance qu'il nous est possible de construire autre chose »

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Si j’peux pas danser, c’est pas ma révolution

Écrit par Audrey
08/03/2014 - 17:49

Irish Music

 

 

Je suis présentement à Twin Oaks et pour les 5 prochains mois, j’écrirai sur des aspects de la vie dans cette communauté d’une centaine de personnes prônant de valeurs d’égalité, de non-violence et de féminisme.

 

Texte écrit par North, traduit et modifié (un ptit peu) par Audrey

 

Une des merveilleuses particularités de la culture de Twin Oaks est que les membres de la communauté apprécient et célèbrent la musique. De leurs tout-petits tapant des mains et chantant dans leur cours de musique hebdomadaire, en passant par la chorale prenant forme pour les funérailles d’une de leur plus ancienne membre, la musique est bien établie dans la vie des Twin Oakers.

Il y a présentement une réelle abondance de très bons musiciens à TO. La salle de musique de Tupelo (une des résidences) est l’espace de pratique pour de nombreux groupes et cette salle a été très utilisée au cours des derniers mois. The All Request Dance Band (Groupe pour Toutes les demandes de Musique Dansante) a été très apprécié lors de la journée de célébration pour Acorn en avril 2014. Il y a aussi le groupe de musique Subliminal Massage, un groupe qui fait des covers de la musique de Sublime. Le groupe de musique Charlie’s steel Erection (oui, c’est vraiment le nom de leur groupe), un trio rock-and-roll a déviergé la nouvelle salle de l’usine de tofu avant d’y mettre de l’équipement. Ces trois groupes de musique sont de bons modèles de partage des ressources. Les musiciens partagent autant leurs instruments que leur espace de pratique. D’autres groupes se forment dépendant des désirs musicaux des membres!

La diversité des styles musicaux pratiquée par les membres est très impressionnante. Il y a des membres chantant dans des chorales (de tout style), jouant du rock, bluegrass, klezmer, classique (piano et violoncelle) et récemment il y eu un évènement de musique irlandaise qui pourrait devenir un évènement annuel. Un des membres de Twin Oaks joue dans un groupe de musique irlandaise dans la ville de Richmond et a invité son groupe de musique à jammer à Twin Oaks. Ce fut une soirée géniale avec tout plein d’instruments: flûtes, violons, guitares, contre-basses, accordéons, batteries de tous les types et de toutes les grandeurs ainsi qu’un mélange de superbes voix.  C’était vraiment toute une soirée et certains membres espèrent grandement la répéter au printemps prochain si ce n’est pas avant!

Certains membres planifient de faire revivre un festival musical qui s’appelle Oakstock en septembre prochain. En 2012, des membres avaient organisé un festival d’une journée qui fut toute une réussite. Sur le site où a lieu toutes les conférences, les organisateurs et membres de TO ont transformé l’endroit pour un festival de musique avec deux stages qui ont été occupés avec de la bonne musique pendant toute la journée. Cette année, Oakstock va suivre le même modèle et ils et elles sont tous bien excitéEs de faire de cet événement une autre belle réussite. Ce n’est pas le talent qui va manquer!

Personnellement, j’adore les soirées autour du feu ou dans une des maisons où chacunE, à tour de rôle prend la guitare et chante une ou deux chansons. Parfois, une vingtaine de personnes sont présentes et participent activement à rendre la soirée musicalement mémorable. De plus, je joue de la musique au moins une fois par semaine, surtout avec mon amie Nadine avec qui je pratique le violon! Finalement, j’ajouterais qu’ils chantent deux chansons de bonne fête lorsque l’occasion se présente. Ces chansons sont chantés seulement à Twin Oaks et je trouve vraiment intéressant qu’ils créent leur propre culture musicale.On peut facilement constater que les membres de Twin Oaks participent activement à créer une alternative à la société et c’est vraiment le fun de savoir que ça va se faire avec,une super bonne bande sonore!

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Toilette à compost, un projet (dés)intégrateur

Écrit par Arielle
07/12/2014 - 13:49

En décembre dernier, je terminais ma formation de 1350h en charpenterie-menuiserie au centre de formation professionnelle de Bonaventure. Je n'avais presque pas d'expérience manuelle au début, et je suis débarquée là, avec un diplôme de sociologie en poche, une fille de ville perdue en région, une fille perdue dans un milieu de gars… Imaginez-vous, j'avais presque peur, la première fois que j'ai utilisé le banc de scie! Mais, croyez-le ou non, j'ai terminé mon cours avec mention spéciale...

 : oui, madame-monsieur, je me suis vu décerner l'Équerre d'Or, ultime décoration qui reconnaît l'implication, la performance et la détermination d'un(e) seul(e) élève par classe. Je suis la première femme à avoir reçu le prix depuis les vingt ans que ça existe. Laissez-moi vous dire que j'en suis fière! Et ce n'est pas tout : à la soirée du gala de finissants, non seulement les professeurs soulignaient ainsi combien je m'étais démarquée, mais les gars de ma classe se sont concertés pour exprimer eux aussi, à leur manière (par un bouquet de fleurs!), combien je les avais impressionnés et marqués par mon travail et mon attitude fonceuse. Wow, ça, c'est tout un hommage.

Étonnant pourtant (et cela pourrait certainement être l'objet d'une réflexion plus poussée), que je doutais encore d'être une bonne charpentière, d'avoir « bien fait » dans cet univers où je manque parfois de repères, alors même que je tenais l'Équerre d'Or entre mes mains...

 

Toilette à compost et entrepreneuriat

Quoiqu'il en soit, le coeur de tout ça, c'est le projet d'entrepreneuriat que j'ai mis sur pied, sur ma propre initiative, dans le cadre de ma formation. Pourquoi j'ai fait ça? Premièrement, parce que le rythme des cours était un peu lent, et qu'il y avait souvent du « temps à tuer », entre deux modules d'apprentissage. Aussi, je me suis vite rendue compte du gaspillage qui a lieu dans la formation, puisque l'on construit pour démolir tout de suite après, et la plupart des matériaux sont jetés (quoique les 2x4 sont débités et réutilisés comme bois de chauffage). D'ailleurs, si c'est stimulant de réaliser des choses concrètes et observables, c'est plutôt déprimant de ce rendre compte que ça ne sert à rien. Ben voyons! Tant qu'à construire un plancher, des murs, une toiture, tant qu'à mettre du revêtement, poser des portes et des fenêtres, construire des meubles… Pourquoi ne pas mettre toute cette énergie et toutes ces ressources sur un projet durable et utile! Enfin, ces deux éléments ont aussi contribué à mon inspiration :

  1. Le 6 décembre 2012, la FTQ-Construction a fait une manifestation devant le parlement. Comme moyen de protestation symbolique, ils avaient suspendu une toilette chimique au dessus du parlement à l'aide d'une grue, pour dénoncer les piètres conditions de travail, soulignant au passage que l'absence de toilettes décentes représentait parfois un obstacle de plus que les femmes devait affronter dans ce milieu traditionnellement masculin. Pour plus d'informations, voir les articles suivants :

    La Presse: http://www.lapresse.ca/actualites/regional/montreal/201212/06/01-4601541-construction-des-travailleurs-suspendent-des-toilettes-pour-protester.php
    Le journal de Québec:
    http://www.journaldequebec.com/videos/featured/les-plus-recentes/1231210931001/toilettes-au-coeur-des-revendications-ras-le-bol-a-la-ftq-construction/2016638848001

 

  1. Voici ce qu'on peut lire dans le sommaire du rapport de recherche « Construire avec elles » :

    « « Il y a deux compagnies assez grosses qui engageaient. Ils m'ont dit : “Puisque tu es une fille, il va falloir qu'on te fournisse des toilettes à part.” [...] J'avais l'expérience, mais ça n'a pas marché. » --- Nathalie
    « Il faut [...] être capable de pisser debout, dans un verre à café dans le camion, quand il n'y a pas de toilette sur le chantier.» --- Évelyne
    Peut-on croire qu'au XXIe siècle au Québec, des employeurs refusent encore d'embaucher des femmes à cause d'une question de toilette? Nombreuses sont les travailleuses rencontrées qui ont témoigné de cette situation qui peut paraître risible de prime abord, mais qui sert de motif pour exclure les femmes de certains emplois dans l'industrie de la construction. »

    QUIRION, Marie-Ève et DANVOYE, Marik.2008. « Construire avec Elles : Sommaire du rapport de recherche », Bibliothèque nationale du Canada et Bibliothèque nationale du Québec, ISBN 978-2-9809724-6-1.

 

J'ai donc eu l'idée de construire des toilettes à compost : c'est écologique, c'est utile et pratique et ça répond à un besoin (surtout dans une région où beaucoup de gens font de la chasse ou de la pêche, où il y a des chalets en milieu naturel, et où il y a des groupes et organismes de plein air), et puis, c'est un projet relativement simple et petit, ce qui ne devrait pas demander un effort supplémentaire trop grand et qui ne semble pas constituer un grand risque d'échec.

Dans ma tête, toutefois, c'était un projet qui pourrait être approprié par les profs et toute la classe, et qui pourrait être intégré à nos cours. Malheureusement, ça n'a intéressé personne, et j'ai finalement porté le projet seule.

La municipalité de St-Siméon a été intéressée par mon idée. La plage municipale faisait justement l'objet de plans de revitalisation et d'aménagement, et un bloc sanitaire serait nécessaire pour accommoder les utilisateurs de cette nouvelle section de plage. Ils prévoyaient faire creuser une fosse sceptique, faire raccorder l'aqueduc, etc. Le scénario conventionnel, quoi! Mon défi principal a été de les convaincre de la pertinence et de l'efficacité des toilettes à compost. Mais l'argument qui les a le plus accroché, c'est que nous allions leur vendre le produit au prix coûtant des matériaux, et qu'ils n'auraient pas à débourser pour les travaux d'excavation et de raccordement aux systèmes. Bref, beaucoup d'énergie et quelques mois plus tard, la toilette à compost de luxe « trônait » sur la plage municipale de St-Siméon-de-Bonaventure!

Vous pouvez voir les étapes de construction du bloc sanitaire en suivant ce lien : https://picasaweb.google.com/arielle.paiement/Compolette?authuser=0&authkey=Gv1sRgCM3kyfTYka-0Bg&feat=directlink

 

Intégration

Enfin, j'ai présenté la candidature de ce projet au Concours québécois en entrepreneuriat jeunesse, et, en plus de gagner au niveau local et régional, j'ai aussi gagné au niveau national!

Ma plus grande réussite reste selon moi l'intégration. La manière dont j'ai moi-même su prendre ma place au sein de mon groupe-classe en démontrant de l'initiative, du leadership, de la créativité, du dynamisme et de la persévérance. La manière dont j'ai su m'intégrer à mon milieu, bien qu'originaire d'une autre région, en apportant des solutions concrètes aux besoins de la communauté élargie. Intégration aussi, car le projet de toilette à compost que j'ai mis sur pied intègre plusieurs principes, plusieurs valeurs, et que chacun-e vient appuyer l'autre et renforcer la force et l'unité du tout. Intégration, également, parce que j'ai approché plusieurs partenaires, chacun apportant sa contribution, implication qui a permis l'avènement de la fameuse toilette, que ce soit des informations et une expertise précieuses, un un accompagnement au développement de l'idée ou du produit, ou un soutien en ressources financières ou matérielles :

  • l'entreprise Contact Signature, à St-Elzéar, qui fabrique du revêtement extérieur en bois issu d'une exploitation durable des forêts et teint avec des teintures sans COV, et qui met une toilette à compost à disposition de ses employé-e-s);

  • le collectif du CESA (centre d'écologie solidaire et appliquée) à St-Louis, dont le site de rassemblement est désservi par une toilette à compost;

  • le Bioparc de Bonaventure, mettant à disposition une toilette à compost pour ses visiteurs-visiteuses;

  • Claude Couture, citoyen artiste et artisan, concepteur et utilisateur d'un modèle de toilette à compost;

  • le CFP Bonaventure-Paspébiac et son corps professoral, fournisseur de matériaux et d'expertise;

  • les étudiant-e-s de charpenterie-menuiserie des trois groupes-classes qui ont pris part aux travaux de construction, de même que deux étudiants du programme d'électricité;

  • la Municipalité de St-Siméon, qui a acheté le produit et participé aux rencontres pour adapter la toilette à compost à leurs besoins;

  • le Carrefour jeunesse emploi

Merci à tout ce beau monde là. Et n'oubliez pas d'arrêter à la plage essayer la toilette, vous m'en donnerez des nouvelles!

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Questions de zonage

Écrit par Arielle
07/24/2014 - 11:07

En mars dernier, nos démarches pour acheter une terre et une entreprise agricole nous ont poussé à activer nos recherches sur quelques questions, notamment faire un montage financier. Durant cette période, j'ai également exploré la question du zonage, cette grosse bébitte méconnue et un peu repoussante… Cet article est simplement le ramassi de mes notes sur la question : sa forme est donc un peu brouillon, et il est un peu long. J'ai toutefois cru bon de le mettre en entier, car les personnes que ça intéresse pourraient y trouver des informations pertinentes. Pour les ceuses que ça intéresse moins... vous êtes averti-e-s!

                                                            Zonage... de quossé?

Premièrement, il faut savoir que le « zonage » relève de l'autorité municipale, ou de la MRC et dépend de son plan/schéma d'aménagement et d'urbanisme. Celui-ci, lorsqu'il existe, planifie les secteurs pour les divers usages dans le but de favoriser leur cohabitation. Elle doit également prendre en considération l'objet de la Loi sur la protection du territoire et la loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Ainsi, je vais essayer d'établir ce que chaque type de zonage permet et empêche, mais en réalité, c'est toujours à vérifier avec la municipalité ou la MRC.

Mais avant, pour mieux comprendre (ou plus se mélanger), voici les étapes et les paliers de décision avant d'arriver au règlement de zonage. Ça fait quand même du sens, l'idée, c'est de planifier du plus large et global, au plus petit et précis. Sans plus attendre, et pour votre plus grand bonheur:

  1. LE SCHÉMA D'AMÉNAGEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT DE LA MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ : Grandes lignes des usages et du développement du territoire
  2. LES PLANS DE DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE DE LA MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE COMTÉ : plan d'action, comment la MRC prévoit développer son territoire
  3. PLAN D'URBANISME DE LA MUNICIPALITÉ : Chaque municipalité dont le territoire fait partie du territoire de la municipalité régionale de comté est tenue, dans les 24 mois de l'entrée en vigueur du schéma, d'adopter pour la totalité de son territoire un plan d'urbanisme conforme aux objectifs du schéma et aux dispositions du document complémentaire et d'en transmettre une copie aux municipalités dont le territoire est contigu et à la municipalité régionale de comté.
    • Un plan d'urbanisme peut aussi comprendre un programme particulier d'urbanisme (PPU), dans un projet qui demanderait des usages conditionnels.
  4. LE RÈGLEMENT DE ZONAGE de la municipalité :  spécifier, pour chaque zone, les constructions (dimensions, espaces libres et reculs, architecture, etc.) ou les usages qui sont autorisés et ceux qui sont prohibés, y compris les usages et édifices publics, ainsi que les densités d'occupation du sol;
  5. (LES PLANS D'IMPLANTATION ET D'INTÉGRATION ARCHITECTURALE)
  6. LE RÈGLEMENT DE LOTISSEMENT de la municipalité
  7. LE RÈGLEMENT DE CONSTRUCTION de la municipalité

 

L'objectif du règlement de zonage est :

  • de découper le territoire en autant de zones qu’il le juge nécessaire;

  • d’effectuer des regroupements de constructions et d’usages selon différents critères environnementaux (nuisances, capacité portante), fonctionnels (localisation préférentielle), esthétiques (caractéristiques architecturales) et socio-économiques (incidences sur la population en place, rentabilité économique);
     

Le zonage constitue un des principaux moyens pour :

  • développer le territoire de façon ordonnée au moyen du contrôle de l’usage du sol;

  • tenir compte de la vocation naturelle des territoires ou de leurs caractéristiques physiques;

  • garantir la valeur et la rentabilité des investissements déjà effectués en concentrant le développement dans les secteurs où sont situés les services ou les équipements municipaux;

  • faire valoir l’intérêt public des multiples projets de développement individuels en tenant compte de la capacité financière de la municipalité et des répercussions des investissements sur le fardeau fiscal des contribuables;

  • minimiser les inconvénients de voisinage, protéger l’intimité des gens, assurer la sécurité et la santé publique et le bien-être général. Ceci est réalisable en protégeant les citoyens des nuisances ou des usages jugés incompatibles dans un voisinage immédiat, assurant ainsi la jouissance de leur droit de propriété;

  • protéger les caractéristiques d’un milieu significatif contre toute insertion disparate. Contrôler la qualité des bâtiments, des enseignes et de l’aménagement paysager. »*1

 

Bonne nouvelle, un règlement de zonage « ne doit pas régir les personnes (p. ex., prévoir une personne par logement) et le mode de tenure des immeubles (p. ex., interdire la copropriété) »*1 .

                                                                Types de zonage

Bon, dans cette section, j'aurais bien aimé vous dresser un descriptif et un comparatif des différents types de zonage possibles (agricole ou vert, résidentiel, industriel, commercial, villégiature, ou que sais-je encore!), mais en fin de compte, l'information semble être plus difficile à collecter que je ne l'avais cru. Toutefois, le zonage agricole semble être celui qui pour lequel il y a le plus d'informations. J'ai aussi trouvé un petit quelque chose sur le zonage commercial. Dans l'attente de plus de détails, je partage avec vous le résultat de mes découvertes.

Agricole ou vert

Relève de la loi sur la protection du territoire agricole.

Objectif : de favoriser l'utilisation prioritaire du sol à des fins d'activités agricoles; favoriser la protection et le développement des activités et des entreprises agricoles dans une perspective de développement durable

  • Résidences : une MRC pourrait indiquer que seules les activités agricoles sont autorisées en zone agricole. À titre d'exemple, dans un secteur où l'activité agricole est prospère et dynamique, seuls les usages agricoles et les résidences liées à une entreprise agricole pourraient être autorisés. Dans un secteur où l'activité agricole est moins dynamique, voire marginale, des usages non agricoles associés ou non à des potentiels autres qu'agricoles pourraient être permis.

  • Morcellement ou dispersion : considérant les particularités du milieu et du découpage cadastral originel, une superficie relativement importante pourrait favoriser une dispersion de l'habitat qui soit compatible avec l'objectif visant à assurer la priorité des activités agricoles en zone agricole tout en préservant les caractéristiques de l'habitat rural existant. Dans certains cas, une telle approche pourrait résulter en un morcellement non souhaitable du domaine forestier privé qui ne serait pas compatible avec un objectif visant la mise en valeur de ces boisés à des fins forestières. Enfin, dans d'autres cas, une relative concentration d'usages résidentiels sur des lots de superficie restreinte dans un secteur bien défini pourrait s'avérer une solution appropriée.

     - Les interdictions en zone agricole

La Loi impose 5 interdictions en zone agricole:

  1. Utilisation du lot à des fins autres qu'agricoles
  2. Interdiction de couper des érables
  3. Interdiction de morceler un lot
  4. Interdiction de diviser des lots contigus
  5. Interdiction de prélever du sol arabe

     - L’article 59  (sur les résidences):

Dans les affectations agroforestière et forestière des MRC, le propriétaire d’un lot boisé peut désormais construire une résidence, à certaines conditions, en respectant la réglementation municipale et les normes applicables

« Toute personne physique dont la principale occupation est l’agriculture peut, sans l’autorisation de la Commission, construire sur un lot dont elle est propriétaire et où elle exerce sa principale occupation une résidence pour elle-même, son enfant ou son employé. Une corporation ou une société d’exploitation agricole peut également construire une résidence pour son actionnaire ou son sociétaire dont la principale occupation est l’agriculture sur un lot dont elle est propriétaire et où cet actionnaire ou ce sociétaire exerce sa principale occupation. Elle peut également construire sur un tel lot une résidence pour un employé...  »*2

     - Ferme et financement

À noter qu'il existe des mesures incitatives pour la relève agricole. Voici quelques informations préliminaires pour explorer cette avenue.

« Une ferme est habituellement considérée comme agricole lorsqu'elle tire plus de 50% de ses revenus d'activités agricoles. Aux fins du projet du règlement, on peut séparer l'aspect commercial de ces fermes en 4 catégories :

  • Petite ferme : revenu agricole brut entre 10 000$ et 49 999$;

  • Moyenne ferme : revenu agricole brut entre 50 000$ et 99 999$;

  • Grande ferme : revenu agricole brut entre 100 000$ et 499 999$;

  • Très grande ferme : revenu agricole brut plus de 500 000$ »*3

Les activités récréatives et touristiques en lien avec l'agriculture y sont permises. Les fermes relèves et fermes incubatrices sont de nouveaux modèles qui permettent aux jeunes agriculteurs-trices de démarrer leur entreprise à moindre coût.

Il paraît que la financière agricole (gouvernement du Canada) peut garantir un prêt du vendeur pour l'achat d'une entreprise agricole.

Commercial

Sous-classes*4:

  • Commerce de détail

    • Alimentaire de détail

    • Détail de vêtements et chaussures

    • Quincaillerie de détail

    • Marchandise générale

  • Commerce de restauration

  • Commerce de service

  • Commerce de gros

    • Marchandise et distribution

    • Transport et entreposage

  • Hébergement

  • Commerce récréotouristique

  • Régional

    • Entrepôt

    • Relié à l'automobile

    • Commercial

Les droits acquis

« Le droit acquis à l'égard d'un lot, d'une construction, d'un usage ou d'une enseigne permet de maintenir une situation de fait et d'en jouir, même si cette situation n'est plus conforme à la nouvelle réglementation d'urbanisme. La reconnaissance du droit acquis est basée sur un principe qui établit que, de façon générale, les lois et règlements ne sont pas rétroactifs, c'est-à-dire qu'ils ne peuvent porter atteinte aux situations existantes avant leur entrée en vigueur, à moins que la loi ne le spécifie. »

Cool!

Par contre, « Une municipalité peut adopter des dispositions dans un règlement de zonage, de lotissement et de construction, selon le cas, de manière à interdire l'extension ou la modification d'un usage ou d'une construction dérogatoire ou établir les conditions en vertu desquelles ceux-ci peuvent être étendus ou modifiés » et « On ne peut remplacer un usage dérogatoire par un autre usage dérogatoire (p. ex. transformer une boulangerie en restaurant ou un entrepôt en garage).  »

Zone agricole et droit acquis : http://www.mamrot.gouv.qc.ca/amenagement-du-territoire/guide-la-prise-de-decision-en-urbanisme/reglementation/reglements-durbanisme-et-droits-acquis/zone-agricole-et-droit-acquis/

  • Une personne peut, sans l'autorisation de la Commission, aliéner, lotir et utiliser à une fin autre qu'agricole un lot qui, après la date à laquelle les dispositions de la présente loi visant à exiger une autorisation de la commission lui ont été rendues applicables, est ou devient adjacent à un chemin public où les services d'aqueduc et d'égout sont déjà autorisés par un règlement municipal adopté avant cette date et approuvé conformément à la loi.
    Dans le cas d'une utilisation à des fins d'habitation, ce droit ne s'étend pas toutefois aux parties du lot situées à plus de 60 mètres de l'emprise du chemin public non plus, dans le cas d'une utilisation commerciale, industrielle ou institutionnelle, à celles qui sont situées à plus de 120 mètres de cette emprise.

  • Une personne peut, sans l'autorisation de la Commission, étendre la superficie sur laquelle porte un droit ainsi reconnu.
    Cette superficie peut être portée à un demi-hectare (5 000 mètres carrés) si, au moment où les dispositions de la présente loi visant à exiger une autorisation de la commission y ont été rendues applicables, ce lot était utilisé ou faisait déjà l'objet d'un permis d'utilisation à des fins résidentielles. 

« Dézonner »

Si aucune résidence n'était érigée sur l'immeuble lors de l'entrée en vigueur de la Loi, il devient impossible pour le propriétaire de se prévaloir du droit acquis et d'utiliser l'immeuble à des fins autres que l'agriculture, sauf s'il présente une demande à la Commission sur la protection du territoire et des activités agricoles (CPTAQ).

Une telle demande doit préférablement être préparée par un notaire qui saura étayer son dossier de bons arguments. Il tentera de convaincre les commissaires qu'ils doivent accorder l'autorisation. Notamment, il invoquera que:

  • Les sols ne sont pas de première qualité;

  • Aucun élevage ne se trouve à moins de 500 m;

  • Des propriétaires voisins ou dans la même situation ont déjà bénéficié d'une autorisation;

  • Le terrain n'est pas cultivable et/ou ne serait pas rentable pour un producteur agricole;

  • L'utilisation résidentielle projetée ne nuira pas aux activités agricoles avoisinantes.

L'autorisation de la Commission est requise dès qu'il s'agit de transgresser une des 5 interdictions ci-dessus mentionnées et tout comme pour les droits acquis, cette autorisation ne vaut que pour une utilisation et ne peut être modifiée (de résidentiel à commercial). Elle ne peut pas se perdre comme les droits acquis, mais elle ne peut pas s'étendre à une deuxième résidence.

                                                        Démarches à l'achat d'un terrain

Voici les étapes à faire devant un terrain à acheter.

  1. Déterminer le zonage du terrain, grâce au règlement de zonage de la MRC ou de la Municipalité.
  2. Vérifier auprès de la municipalité quels sont les droits et usages possibles sur cette propriété. Il pourra être nécessaire de consulter le règlement de lotissement et le règlement de construction, de même que, le cas échéant, le plan d'implantation et d'intégration architectural.
  3. Si ça ne nous convient pas, et qu'on envisage d'effectuer un changement de zonage :
  • Zonage agricole :

    • Recherche, reconnaissance et extension de droits acquis pour tout usage précédent l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection du territoire agricole du Québec;

    • Demande d’autorisation visant:

    • La mise en place d’un nouvel usage non agricole (résidence, commerce, industrie);

    • L’agrandissement d’un usage non agricole;

  • Zonage résidentiel :

    • Démarches auprès de la municipalité, afin de s’assurer des possibilités en matière de zonage visant votre propriété;

    • Demande de changement de zonage;

    • Demande de dérogation mineure;

    • Demande visant la conformité avec le P.I.I.A. (normes architecturales);

    • Préparation de plans d’aménagement résidentiel;

  • Zonage commercial et industriel:

    • Démarches auprès de la municipalité, afin de s’assurer des possibilités en matière de zonage visant votre propriété (nouvelle construction, agrandissement, affichage, stationnement, etc);

    • Demande de changement de zonage;

    • Demande de dérogation mineure;

    • Demande visant la conformité avec le P.I.I.A. (normes architecturales);

  1. Le cheminement d'une demande d'un changement de zonage (ou d'une dérogation pour bâtir en milieu agricole ou forestier) *5 :
  • Le demandeur complète son dossier et le remet à la municipalité ;

  • La municipalité accuse réception de la demande, étudie le dossier, complète sa partie du formulaire, formule par résolution une recommandation et transmet le dossier à la Commission au plus tard 45 jours après le dépôt de la demande ;

  • Sur réception d'un dossier complet, la Commission, entreprend l'examen de la demande ;

  • La Commission émet une «orientation préliminaire» de la décision qu'elle entend prendre. Le compte rendu est transmis au demandeur et autres personnes impliquées, à la municipalité, à la MRC ainsi qu'à la Fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles ;

  • Le demandeur et les autres parties impliquées disposent de 30 jours pour commenter le rapport d'analyse et fournir toute information complémentaire qu'ils jugent pertinente ;

  • Si l'orientation préliminaire est défavorable au demandeur, celui-ci peut alors demander à rencontrer la Commission pour faire valoir son point de vue avant que la décision ne soit de l'information rendue;

  • La décision est acheminée au demandeur, aux autres personnes impliquées ainsi qu'à la Commission de municipalité, à la MRC et à la Fédération régionale de l'Union des producteurs agricoles. À partir du moment où la municipalité a envoyé votre dossier à la CPTA, votre demande sera traitée sur la loi et son dans un délai de 2 à 3 mois. En cas de refus, il existe la possibilité de contester la décision devant le application au Tribunal administratif du Québec (TAQ, section du territoire et de l'environnement. Si vous décidez d'avoir recours à cette procédure, il serait important que vous disposiez de nouveaux éléments pertinents pour appuyer votre démarche, sinon vos efforts risquent d'être insuffisants.

 

                                                       Bibliographie

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Multiculturalisme

Écrit par Vincent
06/17/2014 - 07:26

Lorsqu'il y a des gens différents dans un groupe, je sens que ça me permet d'être différent moi aussi, et que les membres ont moins tendance à imposer une conformité. Je trouve aussi que les immigrants sont souvent aussi en mode "ouverture" comme lorsqu'on est en voyage. Enfin, la différence c'est aussi moins ennuyeux!

Or, selon ce que nous avons observé, il y a une absence de diversité culturelle dans les communautés. En effet, à Twin Oaks, durant notre séjour, nous n'avons rencontré que 2 Afro-Américains, 2 Canadiens (et maintenant, il y en a une 3e avec Audrey!). C'est le cas pour la plupart des communautés visitées aux États-Unis: les membres sont issus en grande majorité de la classe moyenne, blanche, américaine. Les communautés au Québec sont en général plus jeunes et plus petites, mais la tendance semble se maintenir là aussi.

Ca serait triste que ça arrive à nous aussi. Est-ce qu'on pourrait, dans une communauté, adopter des pratiques qui incitent des gens de d'autres origines à venir et rester, comme dans les équipages des vaisseaux de la Fédération de l'émission Star Trek? Pour cela, je pense qu'ils doivent sentir une ouverture à leur différence. Une idée serait de créer des soirées thématiques portant sur un autre pays. Ça a l'air niaiseux parce que dans une communauté anarchiste on est peu nationaliste. Mais je pense que ça pourrait être efficace! Imaginez comment vous vous sentiriez dans une soirée qui célèbre le québec alors que vous êtes dans un autre pays. Une autre idée serait d'avoir un panneau qui dit "bonjour" dans plusieurs langues. Ça servirait de symbole qui rappelle notre intérêt à accueillir des étrangers.

Peut-être que ces mesures ne sont pas nécessaires parce que des tonnes de visiteurs de partout dans le monde vont venir nous visiter. Mais c'est bon d'y avoir pensé au cas où il y ait un manque.

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Cuisiner et manger à Twin Oaks

Écrit par Audrey
08/03/2014 - 20:42

J’habite présentement dans la communauté intentionnelle de Twin Oaks, en Virginie, où je suis membre probatoire. C’est une communauté d’une centaine de personnes, prônant des valeurs d’égalité, de non-violence et de féminisme. Durant 6 mois, j’écrirai des articles pour décrire différents aspects de la vie dans cette communauté.

 

La provenance des aliments

Twin Oaks a des jardins d’environ 3 acres et une grande serre produisant de la nourriture à l’année longue. Ils produisent une grande variété de légumes cultivés de manière biologique. Environ 9000 heures sont consacrées au jardinage à chaque année! Ils achètent la plupart de leurs semences dans de grandes compagnies de semences biologiques. De plus, certaines graines viennent de ‘’Southern Exposure’’, la compagnie de semences de la communauté voisine (Acorn).  Ils ont également plusieurs petits vergers de plusieurs arbres et arbustres à fruits un peu partout sur leur propriété.  Il y a également des vaches laitières, qui fournissent un bon lait frais et gras, de quoi faire de la crème, du yogourt, de la crème glacée… Mmm! Il y a également des boeufs pour la viande, coupée sur place. Un membre fait de la cueillette de champignons sauvages. De plus, une de leur entreprise principale est leur usine de tofu. Les membres y produisent ainsi du tofu de toutes les sortes, du tempeh et des saucisses végétariennes.

Le cycle des aliments que l’on mange à Twin Oaks est donc dans un circuit court. Ce qui veut dire concrètement que le matin, il y a une dizaine de personnes qui cueillent les légumes disponibles au jardin et les amènent dans le grand frigidaire public pour qu’ils soient cuisinés et servis lors des prochains repas. Les membres disent qu’environ 70% de ce qui est consommé ici provient de leurs 450 acres de terre.

Enfin, certains aliments difficilement cultivables ici sont achetés en gros. Récemment, je suis allée chercher dans leur caveau un peu de sauce tamari. Je pensais que la sauce serait dans un récipient de 2-3 gallons mais non, elle était dans un énorme baril !!! Les sacs de farine, de sucre et d’avoine sont utilisés très rapidement.C’est une équipe de plusieurs membres qui fait les commandes et qui décide de ce qui sera acheté. Ils essaient de faire des économies le plus possible en achetant en gros.

La culture de la récupération de bouffe est moyennement présente à Twin Oaks. De temps en temps, certaines personnes ramènent des aliments pris dans les poubelles. Ces temps-ci, un des membre pratique le pré-dumpster, c’est-à-dire qu’il y a un centre de donation de nourriture dans une ville proche et avant de jeter la nourriture qu’ils ne donneront pas aux pauvres, ils appelent un des membres de TO et celui-ci va chercher la nourriture.

Pour ce qui est de la chasse, celle-ci n’est pas du tout pratiquée à TO. En fait, les fusils de tout genre sont interdits. Si une personne va au village le plus proche et trouve un animal mort sur son chemin, il y a de fortes chances qu’elle le ramène pour que les cuisinier-ère-s le prépare. Un chevreuil fournit de la viande pour environ un repas.

Cuisiner

Twin Oaks est une communauté très organisée, où le travail est planifié une semaine à l’avance. Les membres sont libres de choisir les tâches qu’illes veulent faire, mais ils et elles sont très fortement encouragés à respecter leurs engagements au niveau du travail.

Ceci étant dit, tous les diners et soupers ont leur ‘’responsable’’ qui s’occupe de faire des repas pour une centaine de personnes.Pour le diner, seulement une personne est assignée à la tâche. Généralement, celle-ci réchauffera la nourriture cuisinée le soir précédent .Pour le souper, 3 personnes sont assignées à travailler pendant 5 heures. Les quantités à préparer sont grandes et plusieurs diètes doivent être prises en compte. Il y a les végétaliens, végétariens, sans-gluten, sans oignon, sans ail, sans œufs, sans produits laitiers, etc ! Environ la moitié des repas du soir contiennent une option carnivore.

La cuisine

La communauté de Twin Oaks pourvoie aux besoins de base de ses membres. Ainsi, la nourriture est fournie à tous ses membres, invité-e-s et visiteurs-ses, à volonté. C’est à ZK, le centre multiservice situé au centre de la communauté, que se trouve la cuisine principale, ainsi que la salle à manger collective.  La cuisine est très grande, contenant un espace pour la boulangerie, de nombreux comptoirs, un grand four, une énorme plaque de cuisson, plus de 12 ronds de poêles, des étagères pleines de conserves, deux garde-manger, 2 grands frigidaires, un grand congélateur style walk-in, un espace pour nettoyer la vaisselle avec lave-vaisselle industriel.

Prendre les repas

Les dîners sont servis à midi et les soupers à 18h et une bonne partie des membres mangent à ZK.  C’est à la ‘’steam table’’ que les gens vont chercher leur nourriture, sous forme de buffet. Les déjeuners sont pris personnellement: du pain frais et du granola sont préparés, des œufs sont disponibles. Il y a parfois du miel provenant de leurs abeilles ainsi que du beurre de noix en provenance de la communauté de East Wind, au Missourri. J’ai appris récemment qu’il y a une quinzaine d’années (ou même plus), les déjeuners étaient fait sous la forme d’un buffet comme les diners et les soupers! Dans la salle à manger, plusieurs tables sont disponibles et ont certaines caractéristiques. Une des table est appellée la ‘’fun table’’ puisqu’on n’y parle pas de travail. D’autres sont réservées aux rencontres de comités. Il y a de nombreuses tables et chaises à l’extérieur pour profiter des belles journées d’été. Chacune des 7 maisons collectives est aussi équipée d’une cuisine, et les stocks de nourriture y sont renouvelés au moins à chaque semaine.

Transformer les aliments

 

Pendant une bonne partie de l’été, le jardin produit beaucoup de légumes et c’est à ce moment-là que l’équipe de transformation arrive à la rescousse des cuisinier-ère-s. Cette équipe est composée d’environ 5 membres et s’agrandit dépendant des besoins jusqu’à une douzaine de personnes.  Environ 1800 heures de travail par année sont consacrées à la transformation des aliments.

Les tâches sont variées, mais tout ce qui risque de se perdre doit être canné, congelé, mis en marinade ou lacto-fermenté. Maïs, fèves, fraises, ail, gingembre, betteraves et tout plein d’autres légumes sont récoltés pendant l’été pour avoir des légumes pendant tout le reste de l’année. Petite anecdote: Avant, l’équipe de transformation des aliments se nommait ‘’le food process’’ et depuis que deux amies québécoises sont passées et ont un peu sabotées le nom de l’équipe en l’appelant food transormation, la responsable de l’équipe a trouvé ça génial et a décidé de changer le nom de l’équipe de travail.

Et la vaisselle?

Avec toute cette nourriture abondante et ces personnes qui la consomment, ça prend aussi beaucoup de ménage et de vaisselle. La seule tâche obligatoire dans la communauté est de faire la vaiselle une fois par semaine. Cette tâche dure 2 heures et se fait en équipe de trois personnes. L’une d’entre elle ramasse la vaiselle sale de tout le monde et l’amène à la deuxième personne qui s’occupe de laver la vaiselle à travers un lave-vaisselle industriel. La dernière personne s’occupe de mettre dans des pots les restes de la nourriture, de nettoyer la petite cuisine, les comptoirs et les planchers. À part ces trois personnes, toutes les autres ne font que déposer leur vaisselle dans des bacs prévus à cet effet.  Bref, mets ta vaisselle sale sur le tas, et retourne à tes occupations!

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Visite du quartier écologique de St-Mathieu-du-Parc

Écrit par Arielle
07/12/2014 - 16:55

Au début du mois de juin, Vincent et Arielle, aimablement hébergés par oncle Pierre et tante Hiêu, ont visité quelques maisons du quartier écologique de St-Mathieu-du-Parc, près de Trois-Rivières. C'est un développement résidentiel, initié par un promoteur, où les gens qui achètent un terrain et qui souhaitent construire doivent respecter une sorte de charte qui impose de faire appel à des méthodes de construction et d'utiliser des matériaux écologiques.

Il y a environ une douzaine de maisons déjà bâties, et encore autant de terrains à vendre ou à construire.

Historique

Durant notre visite, nous avons eu peu d'information sur l'origine du projet et la manière dont il s'est développé. Nous savions que l'entreprise qui a porté le projet s'appelait les Habitations Apex, et qu'ils ne sont plus les promotteurs actuels. Bref, pour votre bénéfice, j'ai fait quelques petites recherches, je tente de vous en résumer l'histoire.

La coopérative Les Habitations Apex, constituée d'un couple de bâtisseurs écologiques ayant fait leurs preuves, a acheté en 2007 100 hectares, séparés en 60 lots à St-Mathieu-du-Parc, dans le but d'y développer un quartier écologique. Pour ce faire, les contrats notariés prévoient

« des éléments comme le toit vert, l'énergie solaire passive, la récupération de l'eau de la douche pour les toilettes, l'isolation en laine de mouton et l'interdiction de matériaux moins écologiques, comme les fenêtres et les revêtements extérieurs en PVC. APEX interdit la tondeuse à essence, le climatiseur, le bardeau d'asphalte sur les toits et l'asphalte dans les entrées. Le contrat oblige aussi les résidents à laisser à l'état sauvage 75 % de leur terrain. De son côté, APEX promet une piste cyclable, prévoit l'intégration d'une résidence pour personnes âgées, d'un jardin communautaire, d'une garderie, d'un café bistrot communautaire et assure que la forêt derrière le quartier deviendra un centre d'interprétation de la nature. »

Toutefois, suite à des défauts de fabrication sur deux des sept maisons construites en date de juin 2009, notamment des retards de construction, des infiltrations d'eau et une toiture déficiente, l'entreprise fait faillite en 2010. C'est donc la société « De feuilles en aiguilles SENC » qui prend la relève du développement du quartier écologique, société formée de 4 des 5 anciens administrateurs de la coopérative Apex, 11 des 13 administrateurs étant résidents du quartier. Ces boulversements s'accompagnent évidemment de grogne et de quelque remous, car certains résidents sont inquiets ou suspicieux. D'un côté, la société a racheté la trentaine de terrains invendus à Apex pour la somme dérisoire de 82 290$, à peine quelques mois avant la faillite et sans que les résidents soient informés. De l'autre, Apex n'ayant plus l'obligation de gérer et développer le quartier, qui va s'occuper de terminer la construction des routes et de garantir le respect des ententes de départ, comme interdire les tempos ou les motoneiges?

 

En conclusion sur cette histoire, je dirais d'abord que je trouve dommage que l'entreprise initiatrice du quartier écologique n'ait pas réussi à prospérer suffisamment pour réaliser son rêve jusqu'au bout. Également, je trouve est malheureux que les clients non-satisfaits aient cru bon d'utiliser les médias pour tourner le litige en campagne de salissage (ils ont fait appel à La Facture), car cela joue contre la cause en faisant croire que « la construction écologique, ça n'existe pas », et que « maisons écologiques riment avec malfaçon ». Pourtant, selon Emmanuel Cosgrove, directeur de Écohabitation, les vices des deux maisons sont réels mais réparables et pas catastrophiques. Enfin, gardons en tête que, malgré la faillite de l'entreprise, le quartier existe bel et bien, de même que les maisons bâties avec soin selon des méthodes et avec des matériaux sains et écologiques, et que la majorité des résidents semble heureuse d'habiter là.

Les maisons écologiques

Sur place, nous avons constaté qu'un chantier de earthship était en pleine effervescence, avec une trentaine de personnes à l'oeuvre. Nous avons aussi pu visiter une autre maison, car nos contacts les connaissaient, puis, des voisines qui jardinaient sur leur terrain, voyant que nous étions curieux, nous ont invité à faire le tour de leur « chez-elles ».

Selon l'information que nous avons recueillie par nos observations et nos questions, la plupart des maisons sont construites selon les techniques de poutres et poteaux (timber frame). Les murs extérieurs sont ensuite isolés par divers matériaux : paille, coton recyclé déchiqueté, cellulose, etc. L'une est isolée à la laine de roche, mais je crois que c'est parce que c'est une des premières et que les règlements n'étaient pas encore aussi restrictifs. Une seule maison est faite en pièce sur pièce, soit une superposition de madrier de 8 pouces x 8 pouces. Enfin, comme mentionné plus haut, un premier earthship est en train de voir le jour! Les murs de celui-ci, donc, sont fait de pneus remplis de terre, qui servent à la fois de structure et de masse thermique.

Pour le chauffage, les maisons utilisent toutes au maximum le solaire passif. En effet, une des dispositions du PIA (programme d'intégration architecturale) oblige les constructeurs à orienter leur façade plein sud. Les maisons sont donc largement vitrées sur leur côté sud, et on trouve à l'intérieur beaucoup de masse thermique. Ainsi, plusieurs ont une foyer de masse comme système de chauffage, avec une dalle de béton flottante (pas de sous-sol), souvent parcourue d'un système de plancher chauffant. Les espaces sont ouverts pour permettre une meilleure circulation de l'air et une meilleur distribution de la chaleur : cuisine, salle à manger et salon ouverts, mezzanine, etc.

Le témoignage des résidents des maisons à qui nous avons pu parler est unanime : devant les fenêtre l'hiver, on sue à grosses goûtes car le solaire passif est vraiment efficace! Les foyers de masse consomment environ 5 ou 6 cordes de bois par année pour des maisons d'environ 25 pieds x 25 pieds. Nous n'avons pu récolter d'information sur la facture d'électricité (le plancher chauffant est alimenté par des réservoirs électriques).

Il semblait régner un bel esprit de voisinage, les gens se connaissent et s'entraident, et tout le monde semble heureux de vivre là, certainement parce qu'ils vivent dans un endroit qu'ils ont choisi, qui est en phase avec leur valeur et qui fait du sens.

 

Articles à lire :

Site officiel du quartier écologique de St-mathieu-du-Parc, http://www.defeuillesenaiguilles.ca/

Écohabitation, Réaction au reportage de La Facture de 2009, http://www.ecohabitation.com/actualite/nouvelles/reaction-reportage-facture-20-octobre-2009

Stéphane Dassault, Le paradis perdu, Protégez-vous, juillet 2010, http://www.protegez-vous.ca/maison-et-environnement/paradis-perdu.html

Martin Lafrenière, L'écoquartier survivra à St-Mathieu, La presse, 3 février 2010, http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201002/03/01-945746-lecoquartier-survivra-a-saint-mathieu.php

Une maison faite de… pneu!, Radio-Canada, 7 juin 2014, http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2014/06/07/002-maison-ecoenergetique-earthship-saint-mathieu-du-parc-pneus.shtml

 

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