Infolettre du Manoir - no 10 - printemps 2016

Une journée d'été au Manoir

Écrit par Arielle
11/11/2017 - 17:51

Samedi 9 juillet 2017

  • Audrey est au marché de New-Richmond pour vendre les légumes de la ferme. Les marchés ont lieu aux 2 semaines. Elle y a vendu, pour cette première fois, environ 70$ de valeur, et a fait des échanges avec d’autres artisan-ne-s et producteurs-trices pour une valeur de 50$.

  • Vincent profite de la fin de semaine pour coder sur son projet personnel à fond. Il programme une application web de prise de note sous forme de mind map. C’est sa journée de congé.

  • Antoine travaille aux champs à partir de tôt le matin. Sa mère et ses deux sœurs Angéline et Laurence et Loiselle sont en visite et aident aux champs. Angéline prend toutefois l’autobus vers 10h le lendemain pour retourner à Montréal. Illes iront souper ensemble à la plage/cantine de New Carlisle.

  • Richard travaille dans la grange l’électricité de l’atelier. C’est lui qui nourrit les poules le matin et s’assure qu’elles aient de l’eau, qui ramasse les œufs et s’occupe de leur enclos quand il le faut : déplacer environ aux deux semaines, vérifier que la clôture électrique fonctionne, et ouvrir et fermer le poulailler, le matin et le soir, selon la mode du moment (mais ces temps-ci, elles disparaissent, probablement le fait d’un renard…)

  • Coralie, des ami-e-s Raton-ne-s, fait des transplants dans la serre. Arielle va la voir pour lui poser des questions pour préparer la division de la ruche, et lui demande de l’accompagner pour une première visite depuis ses deux semaines d’absence.

  • Marie-Claire revient d’une visite chez Mathieu. Elle doit faire des transfos, et faire sécher ses alchémilles. L’espace de séchage est limité, elle doit s’installer un système temporaire pour compléter le tout.

  • Moufette, ex-wwoofer, vient faire son tour. Il est là pour terminer son projet de peinture artistique des murs du poulailler d’hiver/salle de séchage.

  • Claude, qui était en visite, part tôt le matin vers le chantier de St-Louis, chez Maude et Gaspar.

  • Les Wwoofers, Marie-Cachou et Emmanuel, travaillent sur la yourte. Cachou coud les toiles de vynil d’encarts publicitaires (Madonna, en l’occurence), et d’autres qui traînaient dans la grange. Emmanuel travaille aussi dans la serre.

  • Raphaëlle, l’amie de Richard, et son copain Julien, partent le midi pour leur retour vers Montréal. Durant leur bref séjour de 2 jours, elle et il auront respectivement travaillé sur un plan d’ébéniste de séchoir, et réparé la van en changeant les batteries avec Richard.

  • À l’heure du dîné qu’Antoine a réchauffé, Hug arrive en moto pour casser la croûte. Arielle en profite pour lui poser des questions sur les derniers déroulements au Loco Local et avec Horizons Gaspésiens, notamment à propos d’un récent conflit et de la subvention de Béati (poste de salarié-e). Cléo vient faire un tour, mais elle ne reste pas.

  • Après le dîner, Arielle a fait les démarches par rapport aux abeilles (pris de notes, élaboration de stratégies, contacter les fournisseurs de reine). Elle et Coralie vont faire une visite à la ruche et constate qu’elle a essaimé! Au retour, elles croisent Pierre et Guy qui débroussaillent dans la forêt en prenant une bière. Ils nous invitent à un feu chez eux le soir-même.

  • Arielle aide ensuite Marie-Claire avec son plan de séchoir. Puis, avec Vincent, elle va aider à poser les toiles sur le toit de la yourte. Ils vont ensuite marcher à la recherche d’un essaim d’abeilles, à tout hasard… Et contre toute attente, illes le trouvent! Ils vont chercher Coralie et le récupèrent (ouf!)

  • Le soir, Richard et Emmanuel vont à la pêche au bord du quai, malgré la pluie. Et récupère… une petite prise souvenir, pris dans un filet brisé, que nous dégusterons le lendemain.

  • Clara-Jimmy vient dire bonjour.

  • Vincent travaille sur la comptabilité du Loco Local. Il contacte aussi Gabrielle par rapport au SEL de mer. Arielle et lui travaillent jusque tard sur le site du SEL de mer, pour le compte du noyau du Grand-Gaspé.

Et ça, ce sont les moments dont j'ai été témoin et dont j'ai eu connaissance! Qui sait ce à quoi à ressemblé la journée de chacune de ces personnes?

C’est une journée incroyable et extraordinaire! Vous croyez? Eh bien, cette journée prise au hasard dans l’été représente assez bien le quotidien, et chaque jour est tout aussi bien rempli, de gens, de projets, de surprises et d’abondance. Au plaisir d’en partager des bribes avec vous, par écrit ou… en personne, qui sait?

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La FEC: notre fédération!

Écrit par Audrey
12/21/2017 - 10:54

Un long trajet rempli de musique, de chant, de rencontres m’amena tout droit vers la Virginie. Le Manoir avait été convié à un grand événement : l’assemblée annuelle de la FEC. Cette organisation est la fédération des communautés égalitaires. Elle rassemble une quinzaine de communautés partageant certaines valeurs. Nous sommes encore en processus de devenir membre permanent dans cette fédération. Nous serons les seuls ‘’canadiens’’ là-dedans en compagnie de beaucoup de communautés américaines.

Plusieurs avantages nous incitent à faire partie de cette fédération. Concrètement, il y a plus de réseautage avec des gens qui vivent avec le même mode de vie que nous. La fédération payent même le voyage à ceuses qui veulent aller à l’assemblée annuelle. De plus, quand ta communauté est membre permanente, tu peux organiser un voyage et te rendre dans une autre communauté sans payer le transport! Là-bas, les heures que tu travailles comptent pour des heures travaillées dans ta communauté. Ça semble banal, mais pour les communard-es que nous sommes, ce sont des gros avantages: voyager pour pas trop cher. Pour financer la fédération, les communautés permanentes donnent 1% de leur revenu.

Pendant l’assemblée, j’ai rencontré des délégués de tout plein de communautés dont certaines sont en Alaska, sur la côte ouest et plusieurs en Virginie. Que de belles personnes! J’ai visité et entendu parler de plusieurs communautés, voici un petit compte-rendu:

Open Circle

Ils sont 5 membres qui vivent en campagne de lahttp://www.thefec.org/static/media/communities/profile_images/FullSizeRe... Virginie (près de culpepper: ça s’invente pas comme nom). Ça fait depuis 2004 qu’ils existent mais depuis 2-3 ans qu’ils veulent devenir un membre de la FEC. Ils ont un terrain de 90 acres collé sur un parc national. La moyenne d’âge est de 55 ans, ils partagent leurs revenus et ils font 4 réunions/ semaine. Ils font des checks-ins avant les réunions et si quelqu’un ne feele pas, ils en parlent avant tout sujet de réunion officiel. Leur focus, c’est vraiment de prendre soin des gens.

Oràn Mòr

Située au Missouri, elle comptent 6 adultes et 2 enfants. Ils sont super bien entourés de plein de personnes. Leur terre est payée et leur appartient. Ça fait quelques années qu’ils existent et sont près des autres communautés du Missouri. Ils font de l’herboristerie et plein d’artisanat.

 

East Brook Farm

Communauté existant depuis 2 ans, ils veulent devenir une communauté probatoire de la FEC cette année. Ils sont dans l’état de New York près de Syracuse, un endroit parfait pour arrêter entre Montréal et la Virginie ;-). Ils font de l’agriculture bio et sont environ 5 membres. Ils utilisent ‘’the advice process’’ au lieu du consensus. On n’a pas pu en savoir plus sur le sujet, on en saura peut-être plus à la prochaine assemblée! Ça coûte 5000$ pour faire partie de la communauté, tu peux le payer ou le travailler.

The Mothership

Située à Portland au Missouri, ces 5 membres partageant leurs revenus sont aussi tous en relation les un-es avec les autres. Ils louent des chambres dans leur maison et ça fait partie de leur revenu commun. Ils font leur réunion annuelle dans un spa. Ils font des brunchs à toutes les semaines et ça pogne au bout! Là-bas, tu peux travailler plus de 42 heures/semaine et tu prends la moitié de tes revenus pour augmenter ton allocation mensuelle qui est de 100$/mois. Si quelqu’un s’en va de la communauté, ils reçoivent 4000$ de prime de départ plus un montant dépendant de la durée de leur séjour dans la communauté. Ils ont été acceptés comme membre permanent de la FEC.

Cambia

Existe depuis 2 ans et est située à 4 km de Twin Oaks. Selon ses membres, elle est la plus intentionnelle de toutes les communautés. Ils utilisent des groupes de transparence, des processus de clarification et ils font des réunions à toutes les jours. Un de leur objectif est que tout le monde doit exprimer leurs rêves et les autres essaient de t’aider à les réaliser. Ils sont proactif-ves pour les gens qui sont proactifs-ves.

Ionia

Coup de coeur pour la découverte de Iona, communauté d’une trentaine d’années située en...Alaska! Une communauté hors du commun avec ses propres façons de faire. Ils n’ont pas de membership officiel et disent être entre 40 et 70 dépendant des saisons. Leur seule source de revenu est les subventions offertes par le gouvernement et les fondations. Il n’y a aucune règle écrite et illes ont des réunions à chaque matin. Illes commencent par 10 minutes de silence et des fois personne dit rien pendant 45 minutes. Les trucs pratiques sont discutés à la fin des réunions. Une fois par mois un psychiatre vient les voir dans les réunions pour les guider pour certains problèmes.

Illes trippent sur: la construction écolo, la macrobiotique et les enfants-y’en a au moins 25! 65% de la population ont grandi là!

Mimosa

Sapling est mort et Mimosa est rejailli de ses cendres. Ils sont présentement 3 adultes et 1 enfant. Une des principales difficultés est qu’il y a un couple parmi les 3 adultes. Pour la FEC, c’est un des graves dangers d’une communauté naissante! Illes aimeraient avoir plus de visions partagées sur la politique et la vue globale du monde. Illes veulent aussi que ça soit un espace de guérison. Un délégué d’une autre communauté a proposé que Mimosa devienne la maison où les communautés naissent, un genre d'incubateur de communautés. À suivre!

Point A

Point A n’est pas vraiment une communauté mais plus une volonté d’établir des communautés urbaines dans l’Est des États-Unis. Justement, une communauté à New York devrait voir le jour au 1er décembre! Pour Point A, un des éléments de succès d’une nouvelle communauté est qu’il y ait des gens ou une communauté près de toi qui ne veut pas que tu meurs.

Wow, que de belles et nouvelles communautés dans la FEC, la propagande fonctionne :-)

À part toutes ces nouvelles connaissance sur le monde fascinant des communautés, j’ai aussi joué au frisbee, participé à un groupe de transparence, trié des semences, fait un sauna, ramené du beurre de peanut, des semences, des tamis pour trier des semences, fait des soirées de jeux, vu des ami-es que ça faisait longtemps. Et en plus, j’étais en t-shirt en novembre pendant qu’il y avait des tempêtes en Gaspésie!

Le buzz des abeilles!

Écrit par Arielle
12/21/2017 - 13:49

Les tout débuts

S'équiper

Cette année, nous avons acheté une ruche, ce qui comprend une hausse (un "étage" de ruche), les dix cadres qui la composent, la reine-mère, les abeilles et le couvain. C'est un kit plus complet que le nucléi, qui ne comporte qu'une reine-mère, quatre cadres dont du couvain, et un tas d'abeilles. Ça nous a coûté 300$ plutôt que 175$, mais on partait l'année plus forts, ce qui augmentait les chances que la ruche soit prête à passer l'hiver.

C'est la ferme apicole Miel Vallée Fleurie, près d'Amqui, qui nous a fourni la colonie: Nicolas fait lui-même ses reines-mères depuis 15 ans, à partir d'un croisement d'espèces sélectionné pour une meilleure résistance au varroa. Cela lui permet de traiter au minimum contre le varroa, et pas du tout contre les autres maladies: pas d'antibiotiques ou autres produits chimiques. Et en plus, ça donne une abeille mieux adaptée à notre région!

Je n'ai pas tout compris et tout retenu, toute débutante que je suis, mais la variété d'abeille de l'apiculture industrielle, c'est "l'Italienne", une grosse abeille, douce et docile, qui ramène de grande quantité de miel et pique peu. Toutefois, elle n'est pas assez agressive pour se débarrasser de ce parasite qui est devenu endémique. Le film "Des abeilles et des hommes" (sic) est très bien fait, et montre bien les enjeux auxquels font face les abeilles, et les voies de solution pour tenter d'y répondre.

 

Ensuite, il a fallu s'équiper. Un costume d'apicultrice, les gants en cuir, l'enfumoir, un lève-cadre, un balai à abeille, le tout pour près de 200$. Sans compter qu'on s'est fait donner le matériel pour une ruche, soit les 4 hausses, les cadres qui vont avec (certains bâtis, d'autres à bâtir), l'entrecouvert, le couvercle, la plateforme d'envol, le passe-reine (un espèce de grillage d'une taille qui laisse passer les ouvrières mais pas la reine-mère, pour s'assurer qu'elle reste dans les hausses du dessous, et que l'étage du dessus ne contienne que du miel, et pas de couvain), un passe abeilles (un espèce d'entonnoir, qui invite les abeilles à descendre dans les étages inférieurs, libérant les hausses pleine de miel pour faciliter la récolte). Ce sont des équipements d'apiculture conventionnelle: il existe plusieurs expériences intéressantes qui tentent de remettre l'abeille et ses comportements naturels au centre, plutôt que la productivité et le confort de l'apiculteur comme considérations premières, comme les ruches Ware. Ce sera certainement des voies intéressantes à explorer,

J'ai ensuite commandé quelques plaque de cire gaufrées, à installer dans les cadres vides pour donner une "partance" aux abeilles et les inciter à construire les alvéoles selon un paterne régulier. En fait, les abeilles sont elles-mêmes très précises et constantes dans leur construction. Naturellement, toutefois, elles bâtissent certaines alvéoles plus grandes que les autres: c'est pour y mettre le couvain mâle. Or, en apiculture, on considère les mâles comme des bouches inutiles et un gaspillage de ressources, et on veut en limiter la quantité. Les alvéoles ordinaires servent autant à stocker le couvain des ouvrières que le miel ou le pollen.

En passant saviez-vous que la reine-mère se fait féconder seulement au début de sa vie, lors d'un vol nuptial où elle peut s'accoupler à une dizaine de mâles, lesquels meurent pendant l'acte… Elle revient chargée à bloc de spermatozoïdes pour toute sa vie de mère porteuse de la colonie. Un élément fascinant: lorsqu'elle pond des oeufs mâles, elle n'envoie qu'un ovule dans l'oeuf, pas de spermatozoïde. Les mâles sont donc issus d'oeufs non-fécondés! Les oeufs femelles sont fécondés: un oeuf d'ouvrière peut devenir une reine-mère s'il le faut, s'il est placé dans un alvéole royal et nourri de gelé royale. Si la reine-mère meure et que la colonie est désespérée, certaines ouvrières peuvent même se mettre à pondre, mais ne produiront que des mâles, menant la colonie à sa perte...

L'apprivoisement

Les premières visites sont excitantes. Pour vérifier l'état de santé de la ruche, il faut s'assurer que la reine-mère est toujours là, et active. Trouver la reine-mère, parmi le fouilli d'abeilles, est très difficile, foi de débutante! Par contre, observer le couvain nous donne les informations nécessaires: y a-t-il des oeufs frais, non operculés (ça aussi, c'est pas évident à trouver au début!)? Normalement, ils se trouvent en périphérie du couvain operculé, lequel sera développé au centre des cadres du milieu, plus ou moins en forme de rond. Si le cadre est pas mal plein et régulier, c'est bon signe! On veut voir aussi si les abeilles récoltent bien le miel, et construisent bien les cadres.

L'essaimage

Au début de l'été, avec les premières bonnes miellées, la colonie commencera à vouloir se reproduire. Comment se reproduit une ruche? Par l'essaimage. Comment ça se passe? La ruche commencera à produire des alvéoles royales (en bas à droite sur la photo, ça a un genre de forme de cloche), dans laquelle la reine-mère pondra des oeufs qui seront nourris de gelée royale.

La vieille reine-mère rassemblera près de la moitié des abeilles de la ruche avec elle, qui partiront ensemble, gorgées de miel, à la recherche d'un site propice à l'installation d'une nouvelle colonie. Dans la ruche, une première reine-mère va éclore et tuer ses rivales. Suite à son vol nuptiale, elle se mettra à pondre et le cycle se poursuivra.

En apiculture conventionnelle, l'essaimage n'est pas souhaité, car c'est une perte de ressources. L'apicultrice doit donc tenter de détruire les alvéoles royales, et s'assurer qu'il y ait suffisamment de place dans la ruche pour son développement, en ajoutant une hausse et des cadres avant que tout soit rempli.

 

Chez nous cette année, notre ruche a essaimé! Oups! On venait de perdre la moitié de nos abeilles… Zut! Moi qui voulait justement diviser la ruche et en faire deux, pour augmenter les chances qu'au moins une des deux passe l'hiver…

Heureusement, on les a retrouvé! La récolte de l'essaim a été une aventure particulièrement excitante, touchante, et pleine d'apprentissages! D'abord, réussir à le trouver. Mmm... où chercher? Dans la nature, les abeilles construisent leur nid dans des arbres. D'accord, mais notre ruche en entourée de forêt! Je me sentais un peu idiote de marcher à l'aveuglette, ne sachant même pas si je devais regarder près du sol, à la cime des arbres, où à la hauteur des yeux. Elles aiment les creux d'arbre: va donc trouver ça! Puis, je me suis dit: si j'étais une abeille, je chercherais un arbre, oui, mais près du champ, pour avoir accès aux fleurs et à la chaleur du soleil. Nous avons donc marché à l'orée des bois, en longeant le champ, jusqu'à ce qu'on retrouve le tapon d'abeilles, aglutinées dans les herbes longues, à environ 100 pieds de la ruche-mère. Nous sommes accourus avec une hausse vide, et des cadres tout prêt à les accueillir. Gorgées de miel, les abeilles sont inofensives lors de l'essaimage. Nous avons détaché les brins d'herbes grappés d'abeilles et les avons déposés un à un sur la hausse, jusqu'à ce qu'on apperçoive la reine-mère descendre dans leur nouvelle maison. À ce moment, il y a eu un changement dans le bourdonnement des abeilles; elles sont descendues elles aussi dans la ruche, et celles qui étaient encore par terre on commencé à marcher lentement vers la ruche. Opération récupération: réussie! Merci Coralie!

Les récoltes

Cette année fût une mauvaise année pour l'apiculture. En Gaspésie du moins, l'été fût trop sec, et les abeilles ont eu du mal à récolter le nectar nécessaire à la production du miel (le miel n'est en fait que du nectar "déshydraté": une équipe de "ventileuses" font évaporer le délicieux liquide jusqu'à ce qu'il ait la consistance parfaite pour la conservation, après quoi elles opercules les alvéoles.) Même qu'à un moment, j'ai cru que j'avais perdu mes reines-mères dans mes deux ruches, car je ne trouvais plus ni d'oeufs ni presque plus de couvain! C'est qu'elles avaient arrêté de pondre, faute de nourriture…

Bref, plutôt que les 35 à 55 litres de miel qu'il est normalement possible de récolter par ruche (selon l'excellent guide "Produire et consommer chez nous" du laboratoire rural "Produire la santé ensemble"), je n'en ai récolté que 6 litres… Ouin. Faut dire qu'avec l'essaimage, ça a aussi ralenti le processus! En tout cas, ça nous fait un miel très doux au goût, bio, local!

J'ai aussi récolté un peu de cire d'abeille. J'ai fait une première expérience de coton ciré, un produit qui permet de remplacer les pellicules plastique par un tissu lavable et réutilisable, qui sent bon en plus!

L'an prochain, nous aurons probablement la chance de nous occuper des abeilles de la Ferme Bourdages, qui les utilise pour la pollinisation de ses champs de fraises. 17 ruches! Ça, ça va en faire du miel! Et une expérience qui permettra de poursuivre les apprentissages.

 

D'ailleurs, une autre belle récolte de cette expérience apicole, c'est la passation des savoirs, les échanges passionnants, et le lien qui s'établit entre les générations. J'ai eu au moins 5 mentores dans cette première année, et je tiens à remercier personnellement Rose-Hélène, Pierre et Gilles pour leurs précieux conseils et leur disponibilité dans mes moments de doute, et leur générosité en matériaux et outils, de même que Fabien avec qui j'ai échangé avant de plonger et qui bouillonne d'enthousiasme pour ces petites bêtes. Coralie fût une aide précieuse, à qui j'ai posé un million de question, et qui a visité la ruche à plusieurs reprises avec moi et a en a pris soin pendant mon absence.

Soyez averti-e-s: la passion pour les abeilles est contagieuse, et elle ne fait que gonfler une fois que vous avez eu la piqûre!

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Journal d’une apprentie herboriste: Tisane Nutritive

Écrit par Marie-Claire
12/21/2017 - 10:03

Ah ! Les tisanes nutritives ! Comme on en entend parler un peu partout, avec leurs plantes typiquement nutritives ! Ortie, framboisier, avoine fleurie, trèfle rouge… Ce sont des tisanes hyper importantes en herboristerie, car elles nourrissent en profondeur le corps en entier et, ainsi, l’aide à se régulariser, à se tonifier et à mieux fonctionner en général, en plus de prévenir et de soigner plusieurs maux, chroniques ou non. Elles sont une richesse et une abondance inimaginables de propriétés médicinales : elles contiennent des vitamines, des minéraux, des huiles essentielles, des tanins, des mucilages, et j’en passe. Elles sont si généreuses !  Et elles sont souvent les chouchous des herboristes (surtout l’ortie), et avec raison ! Ces plantes font de tels petits miracles qu’on ne peut pas passer à côté.

Mais, est-ce que la façon dont nous les prenons offre la meilleure efficacité ? En d’autres mots, est-ce que nous allons vraiment extirper tous les bienfaits de ces plantes par la méthode largement utilisée d’extraction ?

Présentement, il existe différents procédés de transformation pour extraire les propriétés médicinales des plantes nutritives. Il y a les concentrés liquides qui consistent en la macération dans l’alcool, le vinaigre et la glycérine ; les capsules dont les plantes se retrouvent en poudre dans une capsule de gélatine ; l’infusion, souvent nommée la tisane. Les capsules sont le procédé le moins efficace pour l’assimilation des propriétés médicinales, et les concentrés liquides sont un peu plus intéressants, mais n’est pas la meilleure façon d’extraire les propriétés. Le procédé le plus intéressant est l’extraction par la chaleur et l’eau, donc par l’eau chaude ou bouillante. Ainsi, la méthode de la tisane est largement répandue et chérie par les enseignant-e-s herboristes. Donc, la majorité des gens qui consomment ces plantes s’en font des tisanes. La recette à suivre est simple : il suffit de prendre 1 c. à thé ou à soupe, selon la plante choisie, pour 1 tasse d’eau bouillante et nous la laissons s’infuser entre 5 à 15 minutes, encore tout dépendant de la plante choisie. Ensuite nous filtrons le tout et nous nous laissons tenter par le doux arôme qui s’en sort et nous buvons. C’est une excellente façon de prendre les plantes nutritives, certes ! Et en même temps, je me suis demandé s’il y avait un autre moyen d’aller chercher encore plus les vitamines, les minéraux et tous les autres trésors qu’elles nous offrent.

C’est à ce moment-là, dans ma soif intarissable de découverte, que j’ai découvert une méthode forte intéressante qui a piqué ma curiosité. C’est dans un vidéo de l’herboriste américaine Susun Weed que j’ai découvert les Nourishing Herbal Infusions. Le procédé est assez simple : prendre 30 g de la plante ou du mélange de plantes de notre choix (seulement les nutritives cependant, comme l’ortie ou l’avoine fleurie), un pot Mason et 1 litre d’eau chaude. Nous déposons les plantes dans le pot Mason et ajoutons de l’eau chaude jusqu’à le remplir complètement, goulot compris. Nous refermons avec un couvercle et laissons macérer le tout pendant… 4 à 10 heures ! Ensuite il suffit de filtrer et d’en boire 2 à 3 tasses par jour. Je me suis dis que cette méthode serait sans doute bien plus efficace pour offrir à notre corps une grande dose de minéraux et de vitamines, car la quantité de plantes utilisées est bien plus grande et la macération est nettement plus longue. Donc, ça laisse le temps à l’eau de bien aller chercher toutes les molécules jusqu’à sa pleine saturation, ce que la première version de tisane n’offre pas.

Curieuse et impatiente d’y goûter, et suite au visionnement du vidéo, je me suis levée de ma chaise et je suis allée me faire une Nourishing Herbal Infusion. Cinq heures plus tard, j’ai pu goûter à cette soupe de minéraux et de vitamines… Oh boy ! Je me suis dit : ‘’Là on a quelque chose d’intéressant… !’’ Le liquide, contrairement aux classiques tisanes, était d’un brun bien foncé, légèrement sirupeux, et très goûteux. Il n’y a pas de doute : les plantes ont tout donné ce qu’elles avaient dans leur ventre ! Mon corps carencé en minéraux et vitamines réagissait et en réclamait davantage ; je sentais quelque chose s’apaiser en moi. Intéressée à connaître les effets de cette potion magique sur le long terme, j’ai décidé de l’essayer pendant plusieurs semaines, en raison de deux tasses par jour. Après 3-4 semaines, les effets sont probants : moins d’allergie, moins d’asthme, meilleur tonus, meilleure digestion, meilleur sommeil, ongles moins striés, dents moins sensibles, diminution de l’anxiété chronique et meilleure réponse au stress, meilleure concentration, et j’en passe.

Bien sur, les tisane que je nommes ‘légères’ font exactement les mêmes effets que ceux que j’ai nommés plus haut, mais nettement moins rapidement et un peu moins efficacement. Attention : je ne dis pas que les tisanes ne sont pas efficaces. Je dis seulement qu’en comparaison, la Nourishing Herbal Infusion est plus efficace dans un rapport de temps, qu’on retrouve plus d’effets bénéfiques pour le même temps de consommation, et qu’elle offre un plus grand concentré de minéraux et de vitamines.

Il est donc pour moi inévitable de constater que cette méthode est d’une belle efficacité et qu’elle est très intéressante à utiliser autant dans les cas de déminéralisation légère que dans les cas de problèmes chroniques. Le seul désavantage de cette recette est qu’elle demande beaucoup de réserve de plantes médicinales car il en faut beaucoup pour obtenir 30 g, et ce n’est pas évident pour quiconque n’ayant pas accès à un jardin de plantes médicinales de se créer cette réserve, et les plante sont souvent dispendieuses dans les magasins et herboristeries. La meilleure façon de se procurer de grandes quantités de plantes médicinales est de les acheter à votre herboriste du coin. Cette personne saura sans doute vous fournir la quantité dont vous avez besoin.

Alors, si vous en sentez l’envie, n’hésitez pas et essayez-la !

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Semences à vendre 2018

Écrit par Audrey
12/18/2017 - 23:00

Catalogue de semences 2018

de la Ferme coopérative les Potagers partagés

C’est maintenant le temps de se préparer à faire votre jardin pour l’été prochain! Voici le catalogue de semences de la coopérative les potagers partagés de Paspébiac. La saison 2017 a été abondante en variété et en qualité! Vous découvrirez des délicieux légumes poussés en Gaspésie, adapté à notre climat. Toutes les semences biologiques, certifiées Écocert ont été cultivées à Végéterre à St-Siméon. Vous trouverez la description de chaque produit un peu plus bas. Depuis 3 ans, Audrey Boisvert du Manoir, s’affaire à vous offrir une belle diversité de semences pour vos jardins!

Vous pouvez commander par courriel: boisvert.audrey@gmail.com. Je vais vous envoyer le tout par la poste gratuitement. Vous devez me dire ce que vous voulez et combien de paquets. Minimum 3 paquets par commande. Merci d'acheter bio et local!

Haricot nain jaune Rocdor biologique

15g (environ 40 semences)

Se consomme frais, à la vapeur, sauté, et dans les soupes ou les ragoûts. Les gousses sont à leur meilleures quand elles sont encore jeunes et minces et que leur couleur jaune est toujours teintée d’un peu de vert. Les plants sont vigoureux et très productifs. Produit à Saint-Siméon à la ferme Végéterre

Haricot nain vert provider biologique

Hâtif et productif, récoltez-le à tous les trois jours pour tendreté idéale. Semez après le dernier gel chaque 2-4 semaines. Semez chaque 5 cm à une profondeur de 3 cm. Plein soleil. Tué par le gel. Produit à Saint-Siméon, à la ferme Végéterre.

Haricot nain Mauve Royal Burgundy biologique

Devient vert à la cuisson. Récoltez le aux 3 jours. Semez après le dernier gel, chaque 2-4 semaines. Semez chaque 5 cm à une profondeur de 3 cm. Plein soleil. Tué par le gel. Produit à St-Siméon à la ferme Végéterre

Mélange tricolore de haricots nains biologiques

15g (environ 40 semences)

Semences de haricots jaunes, verts et mauves bios. Pour avoir plus de diversité de couleurs dans votre jardin. Amusant pour les enfants. Produits en 2017 chez Végéterre

Pois Green Arrow biologique

15 g(environ 85 semences)

Excellent pois à écosser du patrimoine à manger frais, congelé, en conserve ou pour la cuisson. Les petits pois eux-mêmes sont tendres et sucrés. Semez chaque 3-5cm à une profondeur de 3 cm. Plein soleil. Annuel. Tolère un peu de gel. Produit à la ferme Végéterre

Pois Alaska round green biologique

15g (environ 80 semences)

C’est la variété traditionnelle pour les soupes de pois. Hâtifs et ronds, les pois peuvent être récoltés pour manger frais ou récoltés secs. Semez chaque 3-5cm à une profondeur de 3 cm. Plein soleil. Annuel. Tolère un peu de gel. Cultivé biologiquement à la ferme Végéterre

Citrouille Black Futsu biologique

3g (environ 35 semences)

Petite courge côtelée de 2 à 3 lbs. On récolte vert et elle devient orange pâle. Chair orange délicieuse et sucrée. Du PATRIMOINE japonais. Semez après le dernier gel. Semez chaque 10 cm à une profondeur de 3 cm. Éclaircissez à 45 cm.  Plein soleil. Tué par le gel. Produit à la ferme Végéterre

Courge Red Kuri biologique

5 g (environ 20 semences)

La 'Red Kuri' est très prisé pour sa chair orangée de texture crémeuse et merveilleusement douce, qui est un pur délice! Ils sont tout aussi savoureux en potage, au four, frits ou en purée. Même en climat froid, le plant donne un rendement élevé et fiable de fruits se conservant pendant plusieurs mois. Produit chez Végéterre

Courge Spaghetti biologique

4g

Super courge versalite et sucrée. Manger là à la place du spaghetti, ou en soupe. Semez vers le 15 juin après le dernier gel. Cultivé biologuement à la ferme Végéterre

Chou chinois Hukina Savoy biologique (genre tatsoï)

3 g

Ce légume-feuille asiatique gagne en popularité. Ses jeunes pousses tendres de saveur douce donnent une texture intéressante aux salades et aux soupes. Les plants matures forment une rosette de feuilles lustrées, vert foncé, des fois violettes. Cultivé biologiquement en 2016 aux Jardins Viridis.

Cornichon national bio(National pickling cucumber)

1g (environ 35 semences)

Concombres de grandeur moyenne excellents pour les marinades. On peut aussi les manger crus, ils sont délicieux. Plants très productifs ! Cultivié biologiquement en 2017 chez Végéterre à Saint-Siméon. Taux de germination : 98 %

Roquette Biologique

4g (environ 2000 semences)

Verdurette piquante avec une odeur de noisette. Devient plus piquante à maturité. Semez toute la saison, à chaque 3 semaines. Plein soleil et tolère le gel. Cultivié biologiquement en 2017 chez Végéterre à Saint-Siméon

Mizuna biologique

2 g (environ 900 semences)

Légume-feuille souvent inclus dans les mix de salade. Un peu moins piquant que la roquette et un design original ! Elle est restée bonne très longtemps dans le jardin. À découvrir. Produit à la ferme Végéterre.

Bette à carde

2g (double de la quantité normalement vendue)

La bette à carde est un légume-feuille, dont on consomme aussi bien les tiges que les feuilles. Les plantes produisent jusqu'à la mi-octobre. Délicieux sauté ou en salade. Produit dans la Baie-des-chaleurs

Épinard bloomsdale longstanding

4g (environ 300 semences)

Croquant et juteux comme on les aime. Semez à chaque 3 semaines tout au long du printemps et à l'automne. Peux monter en graines lors des journées chaudes. Produit dans la Baie-des-chaleurs.

Centaurée

0,5g (environ 100 semences)

De belles fleurs dans les teintes de bleues et roses. Comestibles, agréables à l’œil et pleines de propriétés. Vive les fleurs ! Produit dans la Baie-des-chaleurs.

Ciboulette

0,5g

Un classique dans les jardins . Plante aromatique très facile de culture et qui offre un rendement souvent élevé. L'entretien, de la plantation à la récolte vous assurera au fil des ans une belle croissance. Produit dans la Baie-des-chaleurs.

Marjolaine

0,2g

Plante aromatique qui se rapproche de l'origan. Un peu plus que ce dernier, elle assaisonne vos plats tout au long de l'été. Trouvez-y une place au soleil et elle y restera pendant quelques années ! Produit dans la Baie-des-Chaleurs.

 

Nigelle

1g

Plante herbacée annuelle aux fleurs bleues pâle ou blanches pouvant atteindre 30 à 40 cm de hauteur. Cette plante originaire d'Asie est cultivée pour la beauté de ses fleurs ou pour ses graines que l'on utilise comme épice ou comme remède en médecine traditionnelle. Produit dans la Baie-des-Chaleurs par À la vie !

Calendule

1 g

La calendule, aussi appelée souci est une plante annuelle de taille moyenne facile à cultiver. Son beau feuillage vert vif laisse apparaître des fleurs aux coloris dans les teintes orangées de juin aux premières gelées. C'est aussi une plante médicinale aux multiples vertus.Produit dans la Baie-des-Chaleurs.

Zinnia

1,5g (environ 90 semences)

Magnifiques fleurs multicolores présentes de juin à octobre. J'ai triplé la grosseur du paquet considérant la difficulté à trier les graines. Plantez après le dernier gel en plein soleil. Démarrez idéalement à l'intérieur pour des meilleurs rendements. Produit dans la Baie-des-Chaleurs.

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Je voudrais bien être une Girafe, mais je suis une Humaine

Écrit par Marie-Claire
12/21/2017 - 10:23

Un partage sur mon expérience en Communication Non Violente

Depuis que je suis sur le chemin de la pratique de la CNV, c’est merveilleux ce que j’y découvre : une meilleure empathie, une plus grande présence dans l’écoute de l’autre et de soi, une plus grande capacité à analyser les sentiments et besoins dissimulés derrière des paroles de Chacal, une plus belle acceptation de ce qui est, dans son entièreté et son intégralité. Ainsi que plusieurs autres belles trouvailles, comme que si je n’offre pas d’empathie à la personne qui vient de nommer quelque chose qui m’a déclenchée, je ne suis pas une vraie Girafe. Que s’il m’arrive parfois d’éprouver et de démontrer de l’impatience ou tout autre émotion considérée comme négative et d’exprimer cette émotion sans le protocole CNV, je ne suis pas une vraie Girafe. Et que si je ne suis pas une vraie Girafe, je suis, aux yeux des autres ainsi que les miens, moins crédible dans ma démarche, et peut-être même que la démarche de la CNV, elle-même, n’est pas crédible, finalement… Oups.

Je n’avais pas réalisé à quel point la pratique de ce processus enclenchait tout un réseau illimité d’attentes et de demandes, autant de ma part que celle des autres.

Dernièrement, j’ai regardé un nouveau vidéo d’Isabelle Padovani et ça m’a fait réaliser quelque chose dont je n’étais pas du tout consciente et dont je ne pensais jamais que ça allait arriver : j’exige à moi-même d’être une Girafe. Et ce, en tout temps. Infailliblement. Peu importe si je suis déclenchée ou non. Peu importe si j’ai moi-même besoin d’empathie ou non. Il faut (très important) que je sois empathique avec tout le monde, avec tout ce qui passe, même si on vient de me dire des insultes ou une mauvaise nouvelle. Il faut que je sois une Super Méga Powerfull Girafe, la Super-héros de l’empathie ! Mais, bizarrement, ça ne fonctionne pas. Bizarrement, j’ai moi-même parfois, même souvent, besoin d’empathie. Bizarrement, quand j’ai besoin d’empathie, j’ai de la difficulté à en donner. Hé bien… c’est sûrement parce que je suis humaine et que j’ai, moi aussi, des limites. Que je le veuille ou non. Et tant mieux ainsi.

Je veux bien être une Girafe, mais je suis une Humaine. Dès que j’ai connu la Girafe, je me suis mise à aimer et adorer cette image, à la dorer d’espoir d’une évolution meilleure de ma personne et d’abondance d’amour de la part des autres que j’empatherai. Je voulais devenir une Super Girafe. Avec le costume pis toute. Par contre, j’ai confondu mon élan d’utiliser cet outil merveilleux avec ‘devenir’ cet outil.

Pour une fois de plus, j’ai réalisé qu’en général, dans la vie, j’ai des écarts entre mes aspirations et mes moyens. Et qu’il y en aura toujours, tout simplement parce que je suis une humaine avec des limites. Et ces limites, ce sont les moments où j’ai besoin d’empathie. Et quand j’ai besoin d’empathie, c’est très difficile pour moi de mettre mon costume de Super Girafe. Et c’est normal.

En fait, quand j’essaie de mettre le costume de Girafe avec force et pression malgré le fait que je n’arrive pas à rentrer dedans, et que la fermeture éclaire se brise, que le tissu déchire, je suis entrain de me faire violence, en fin de compte. Et en plus, mon super beau costume est brisé… Déception, tristesse, impuissance. Besoins de reconnaissance, d’appartenance et d’empathie en carence.

En d’autres mots, et prenons ceux d’Isabelle Padovani : ‘Je ne suis pas du tout entrain de pratiquer le processus de la CNV quand je suis entrain d’exiger de moi que j’ai toujours et à chaque instant les moyens de pouvoir utiliser ce processus.’ Ainsi, je n’ai pas a empather tout ce qui passe et de me sentir mal si je n’ai pas les moyens, dans le moment du déclenchement, de donner de l’empathie.

Et en observant les dynamiques à l’intérieur de moi, j’ai réalisé que ce n’est jamais le mode Girafe en moi qui exige que je sois constamment en mode Girafe. C’est le mode Chacal en moi qui a cette exigence. La Girafe, elle, ne demandera jamais une telle exigence tout simplement parce qu’elle m’accepte telle que je suis et ne voudra jamais que je sois autre chose que ce que je suis, ici et maintenant.

Alors, depuis cette découverte, je prends ça plus relaxe et je ne prends plus trop la tête avec tout ça.

C’est un outil précieux et merveilleux, certes, et ça reste un outil pour nous guider, pas plus que ça. Ce n’est pas un moule dans lequel nous devons se mouler entièrement, 24h sur 24h, 7 jours sur 7, jusqu’à l’éternité et plus loin encore.

Au Manoir, chaque membre est formé-e en Communication Non Violente (CNV) de Marshall Rosenberg et a un costume de Girafe. Et en même temps, on ne le porte jamais toujours. Car nous sommes humain-e-s avant tout. Et nous nous aimons ainsi!

Désobéissance civile: de l’oppression à la révolte, un renversement légitime

Écrit par Arielle
12/18/2017 - 12:41

Connaissez-vous l’histoire de Rosa Parks? Cette femme qui choisit, un 1er décembre 1955, de ne pas céder sa place aux passagers blancs d’un autobus en Alabama. Elle se fait arrêter, car elle a désobéit à la loi.

(Cet article relate son histoire plus en détail, de même que les impacts de son choix).

 

Voilà un exemple de désobéissance civile. Refuser de payer ses impôts quand ton gouvernement en investit la majorité dans la guerre, c’est de la désobéissance civile; 1930, en Inde, récolter du sel alors que le gouvernement britannique colonisateur en détient le monopole et interdit au peuple d’y avoir accès, c’est aussi de la désobéissance civile; refuser en tant qu’officier militaire de se soumettre à l’ordre de tuer femmes, enfants, vieillards dans un village, c’est encore de la désobéissance civile; s’attacher à une valve d’oléoduc pour démontrer qu’aucune mesure d’urgence n’est en place pour détecter ni même gérer un éventuel déversement d’hydrocarbures, c'est aussi de la désobéissance civile. Construire une barricade en se mobilisant comme nation pour protéger ses cimetières contre un projet d'agrandissement de golf en territoire non-cédé, c'est de la désobéisssance civile.

Qu’est-ce qui distingue la désobéissance civile du simple non-respect d’une loi? C’est lorsque le geste est posé pour dénoncer cette loi, montrer qu’elle est injuste, et demander qu’elle soit modifiée. C’est lorsqu’elle s’appuie et s’inscrit dans un mouvement social, et dans une escalade des moyens de pression; lorsque des demandes ont déjà été fait, des manifestations et des pétitions ont déjà été réalisées, et d’autres actions sont mises en place, et que l’injustice persiste malgré tout.

Réaliser une action de désobéissance civile, c’est s’exposer à la répression, et c’est une stratégie de mobilisation de l’opinion publique.

 

Si vous êtes intéressé-e-s à mieux comprendre ce qu’est une action de désobéissance civile, dans quel cadre elle s’inscrit et ce qu’elle implique, vous trouverez certainement de multiples sources d’information. Une rapide recherche sur internet permet de trouver ce site, qui semble être une bonne introduction.

 

Nous voulions partager ces quelques pistes de réflexion, car certaines personnes réagissent parfois à la lecture de notre vision, lorsqu’illes tombent sur ce mot. “Coudonc, formez-vous des terroristes, des extrémistes?”, “Vous ne devriez pas mettre ça dans votre vision”, etc. Ce genre de réaction révèle surtout une mauvaise compréhension de ce qu’est la désobéissance civile, et soulève la nécessité de faire un peu d’éducation populaire sur le concept… Saviez-vous que la désobéissance civile s’inscrit plus souvent qu’autrement dans la non-violence (quoique pas que)? Très certainement, le but de ces actions est de remettre en question une loi, une politique ou un projet injuste, et ne vise pas à mettre en danger la vie ou la sécurité de d’autres êtres humains: au contraire, c’est généralement dans le but de les protéger que les gens se mobilisent autour d’une telle action.

D'ailleurs, ces enjeux de sécurité et de protection introduisent un autre sujet, celui de questionner le discours de masse qui condamne des bris matériels comme des actions violente, alors que la répression policière qui attaque physiquement des individus, les blesse et les tue, est légitimée. Certains actes de vandalismes visent à dénoncer un système ou une entreprise qui exploite des humains, les affame, les rends malade: les médias n'illustrent alors généralement qu'un côté de la médaille, condamnant des gestes de dénonciation en les présentant comme ponctuels et isolés, sans jamais aborder les conséquences réelles et répandues causées par des comportements de "personnes morales", que nos lois permettent.

Ceci n'est pas un article de fond sur la question, mais plutôt une invitation à la réflexion et à l'exercice de la pensée critique. Au plaisir d'échanger sur la question!

(les images sont prises librement sur internet. Cliquez desssus pour trouver leur source)

Fictions réalistes mettant en scènes des activistes: à lire!

Écrit par Arielle
11/11/2017 - 00:00

L'été dernier, j'ai rencontré Juliana, activiste américaine et auteure de fiction, lors de notre participation au Forum Social Mondial qui se tenait à Montréal.

Une mission l'animait: Pourquoi les romans racontent-ils toujours l'histoire d'hommes ou de femmes blanches, avocats, policiers, enquêteurs, qui cherchent à trouver les gros méchants et à ramener l'ordre en faisant appel au gouvernement ou aux entreprises capitalistes pour les sauver?

N'est-ce pas rafraîchissant quand on rencontre des protagonistes issu-e-s de différentes communautés culturelles, avec une situation sociale variée. Et surtout, qui, devant l'adversité, choisissent de se tourner vers la solidarité de leur communauté, de leur voisinage, de leurs ami-e-s et famille pour bâtir un système différent. Des syndicalistes, des activistes, etc.

 

Juliana m'a aimablement partagé une liste de lectures qui correspondent un peu plus à ces critères. GPaul a aussi ajouté ses suggestions. Si vous voulez y contribuez, ça serait cool!
(J'ai retranscris des extraits de courriels que j'ai échangés avec elleux, ils sont en anglais et un peu éparpillés, désolée!)

  • Iain M. Banks (prolific, very recently dead, his Culture series is about a post-scarcity pan-gallactic anarchist society... super entertaining and inventive, The Algebraist is a stand alone SF novel featuring a different anarchist society of ancient gas giant dwellers, super hilarious and thought provoking)
  • Kim Stanley Robinson's The Mars Trilogy: Red Mars, Green Mars, Blue Mars (very probably the best science fiction work I have ever read). He's an anarchist and writes very compelling visions of a near future humanity with what I would consider a sharp understanding of how politics might play out on a social scale in a quickly changing world.
  • I know that I should read a variety of things by Octavia Butler, Marge Piercy's Woman on the Edge of Time, and Starhawk's Fifth Sacred Thing. I just haven't gotten around to it. I've got too much to do! Maybe I do need to get arrested.
  • Ursula Le Guin. (I do notice that the latter are all female authors, while the ones you mention having read are all male. Hm...)
  • The recent anthology Octavia's Brood, editors Adrienne Maree Brown and Walidah Imarisha compile a lot of short science fiction by progressive and activist authors of color. These editors argue for the term "visionary" rather than "science" fiction for this kind of writing. It is an interesting work that has gotten a lot of attention.
  • The mystery by Paco Ignacio Taibo and Subcomandante Marcos. It is called Muertos Incomodos. I think, like the visionary or science fiction genre, there are a fair number of progressive mystery writers, and some have books with activists in them. I hope to add them to the list!
  • Et quelques autres noms que j'ai reçu par d'autres ami-e-s, en jasant du sujet autour d'un feu de camp cet été: Les anges mineurs par Antonio Voleta, Dispossessed par Ursula La Guin, MA19 par Bruno Massé, et Angela Davis (je n'ai pas trouvé de titres de romans de fiction écrits par elle...)